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Affichage des articles du décembre, 2013

Farewell to 2013 - Coeur Ouvert IX

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C'était il y a quelques jours un matin, et cela me semble bien pour clôturer l'année.

Le chant des oiseaux
Les cèdres du Liban en flammes
La machine à écrire qu’il faut retrouver avec un ruban
Christian Bobin, la robe bleu ciel, le Livre de Tobie, l’enfant, l’ange et le chien
Les mauvais livres qui pullulent, une économie de l’offre, le marché à la hache
Le rêve de Dieu, tous les hommes morts ou vivants écrivent le roman de leur vie, parousie, fin de la littérature, donc de l’homme
Les deux œufs à la coque et les mouillettes, le premier pour manger, le second pour savourer
Les deux bières, la première pour la soif, la suivante pour la boire
Un carnet pour écrire dans chaque pièce
Partout, des livres pour te tenir compagnie
Dans chaque vêtement un carnet
Dans chaque livre une enveloppe et du papier, tes lettres aux auteurs que tu aimes
Christian Bobin, après lui, on n’a plus envie d’écrire.

Dieu s’est retiré du ciel
où les hommes l’avaient vu
car ils n’y croyaient plus

Ils l’av…

Les Métamorphoses de C. II

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Le blog des Métamorphoses de C. a deux ans !
Le 24 décembre 2011 j’y postai un premier billet « à programme », suivi le 3 janvier 2012 d’un premier billet d’écriture.
Depuis cette date, le blog a grandit, s’est peu transformé, fidèle à l’architecture des « Carnets » définie comme une série de sources, physiques ou électroniques, servant de support à différentes approches de l’écriture ; il s’est développé d’une façon organique ou opportuniste, sans plan général, comme un atelier à ciel ouvert occupé par de multiples artisans qui vont, qui viennent selon leurs intérêts du moment. La matériau utilisé, les formés qui y sont créées, les arrangements de mots, de phrases, d’unités de discours, sont le plus souvent déversées à l’état brut de la page physique du carnet ou du document électronique vers la page internet.
Deux ans après sa création, je « persiste et signe ». Ce projet me convient parfaitement, je ne renie rien, j’en assume toutes les imperfections.
Cela dit, je reste plus que ja…

Choc post-opératoire II - Eschyle

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II.
Vingt-trois heures trente. Je dépose l’exemplaire des Tragédies d’Eschyle sur ma table de chevet (1). 
Je l’avais acheté fin 2012 chez Libris Agora, dans la galerie Louise à Bruxelles. Il attendait depuis sept ans d’être pris d’une main bienveillante, après sa sortie de presse, la distribution, l’arrivée sur les rayons. Il attendait avec patience les fruits du temps. Or, qui achète Eschyle, sinon des étudiants en lettres ou des profs, des curieux, des amoureux de la Grèce. Qui donc ? Quidam vous et moi ? Non pas. Moi. Au jeu des hypothèses, combien d’amateurs des Tragiques Grecs se présentent-ils chaque mois, là ? Qu’il n’y en ait qu’une dizaine, faible en proportion de la clientèle, mais dans l’absolu, élevé, très élevé, dix frères par mois, cela vous fait vite une grande famille d’esprits. Cinq cent entrées et sorties par jour dans une librairie, les bons jours, les grands jours. Et dans l’urne, un ou deux par mois qui sont tirés avec l’idée d’un Eschyle, et ce titre-là combien…

Choc post-opératoire, d'un Ubik l'autre

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Je revins à la réalité dans un lit, dans une large chambre sous les toits d’une vieille maison, quelque part à la périphérie d’une forêt. 
La couette et le couvre-lit étaient blancs. Je pensai au mot hôpital, mais douillet fut le premier mot que je parvins à formuler, je voyais les lettres du mot s’écrire dans les replis du drap. 
Non, ceci n’était pas une chambre d’hôpital, cela pouvait ressembler à ma chambre, mais j’avais les derniers mots du chirurgien à l’oreille, surtout ne pas vous déplacer pendant quelques temps, nous avons du vous endormir une seconde fois me disait l’anesthésiste qui était là aussi, vous vous êtes réveillés en cours d’opération et avez parlé d’une publicité pour un produit de vaisselle qui vous avait fortement impressionnée pendant votre enfance lors d’une autre opération, probablement pour un appendicite, cela ne s’est jamais vu, vous vous en êtes bien tirés, revenez me voir quand vous pourrez marcher dit le chirurgien qui portait sa tenue opératoire verte…

Vision dantesque (archive: 22 nov. 1996)

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L'eau, toujours l'eau... La pluie s'abattait avec méthode depuis six mois, une pluie drue qui mouillait les os, une mousson interminable pour une saison qui avait attrapé la fièvre des millions d'années. 2008 : cent douze soleils miniatures jettent leurs feux sur la planète, une vingtaine de gigatonnes d'hydrogène pur dissipés en chaleur et lumière dans l'atmosphère, une ceinture orbitale de cendres plus grosses que le Krakatoa, des orages grondants de dragons rouges et de salamandres, des vagues plus brûlantes que le phosphore, hautes de trois kilomètres. 2008 : fin de l'Histoire. L'eau, toujours l'eau... La pluie tombait sans interruption depuis cent quatre-vingt jours, les égouts du ciel crevés par les humeurs de l'humanité, une cascade de furies bibliques d'avant Abraham ou Moïse. Et les lustres de sécheresse après l'incendie, de froid, de faim, l'immense cimetière déshonoré de la Terre. Et le soleil et les étoiles oubliés au milieu de…

The Long Shadow

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Les hommes sortent de terre au petit matin. Ils emportent avec eux des cigarettes, du pain, du café. En face d’eux, un autre groupe d’homme habillé de longs manteaux fait de même, avec timidité. Les deux groupes semblent mal assurés, ils sortent de leurs lignes à découvert ; une gêne et une curiosité pousse néanmoins ces loups-hommes en avant, à la rencontre d’autres loups-hommes. De loin, les groupes commencent à échanger des signes de la main. Les doigts pointent le ciel, vide, les lignes calmes. Ils avancent à la rencontre les uns des autres. Le ciel et la terre sont froids, il a gelé par endroits, la boue est dure, séchée, une mince couche blanche dépose une décoration prudente faite de quelques cristaux de glace et de copeaux d’uniformes qui font des taches de couleurs vives, ici du bleu, ou du rouge, là du kaki, plus loin, du vert, du gris. Il manque quelques sapins, la terre a été retournée par de violents orages, tous les arbres ont été emportés par la furie des éléments, pou…