Friday, 18 October 2013

carnet


Je pensais ne plus te voir
Je te vois
Lucia Antonia funambule
Ma douceur funambule

C’est une naissance que la philosophie
Je t’attends
De la Porte des Lilas
à la Porte de Namur
mes souvenirs
tes apparitions

La conquête de l’espace du carnet dans le délié de l’écriture et du vide
que m’importent les étoiles
c’est toi
Ma douceur funambule


Thursday, 17 October 2013

La promenade au Phare (sans Virginia Woolf)


Vieux Harper descendait tranquillement la colline lorsque la patrouille de police le dépassa, en route vers le Phare.

Il entendit le moteur s’éteindre, les portières claquer, « ils sont trois » se dit-il, perçut les pas des hommes sur le gravier, le frottement de la pierraille sous leurs semelles de cuir bon marché, le rythme court et lent, syncopé, d’une jambe qui traînait derrière une autre. « Ce doit être le jeune Tom qui a été blessé au printemps dernier dans la fusillade », pensa-t-il, ralentissant le pas à l’approche d’un buisson d’épineux qu’il savait à cet endroit de la route. « Il aura du mal à s’en remettre, on dit que la balle a perforé l’artère fémorale et le sciatique ». Il orienta sa canne vers la gauche à une hauteur d’un mètre du sol et poursuivit sa descente. Avec vigueur il frappa l’air d’un grand coup d’estoc. « Tiens, le jardinier a finit par passer par-là. »

La voiture des policiers fit demi-tour, croisa Vieux Harper une seconde fois, s’arrêta un peu plus loin. Il entendit le chuintement d’une vitre qui s’abaissait, aussi fine que le bruit des feuilles de papier que la voisine déchirait la nuit dans l’appartement mitoyen du sien, à l’époque où il habitait en ville. « La voisine déchirait les draps et les livres, la nuit, alors que j’essayais de dormir, épuisé ; cela avait fini par m’énerver mais je suis plus calme maintenant, oui, beaucoup plus calme. » 

Vieux Harper prononça les mots à voix haute lorsque le policier s’adressa à lui.
« Vous êtes plus calme maintenant Monsieur Harper ? Qu’est-ce qui vous a énervé ? 
- C’est bien toi Tom, j’ai bien entendu ? »

Plus bas encore, sur la plage, d’autres policiers se rassemblèrent à l’appel d’un jeune garçon qui venait de pousser un cri bref.

Vieux Harper attendit au bord de la route que les policiers lui parlent à nouveau. Il se mit à marmonner des tables de multiplication. Un vent froid s’était levé, des nuages bas arrivaient rapidement depuis l’océan.
« On a déjà retrouvé le chien, celui qui jouait avec les enfants » dit un des policiers qui était venu informer ses collègues dans la voiture.
« C’est pas beau à voir. »

Plus loin encore sur la route, un groupe d’écoliers en route pour la promenade au phare, fut arrêté par un policier. « Il n’y aura pas de visite aujourd’hui les enfants. »

Vieux Harper se mit à rouler une feuille de cigarette. Ses doigts tremblèrent, le papier se déchira, les brins de tabac volèrent au vent.


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Plaisir de retrouver l'atelier d'écriture. C'est "Explorations 3" avec Aude (of course). La contrainte du jour. Travailler « la beauté des défauts du personnage » avec une contrainte de style (à la troisième personne du singulier, au passé simple), et celle d’un décor (« The Lighthouse Hill », d’Edward Hopper, 1927). Durée : une heure.



Edward Hopper - Lighthouse Hill (1927)

Friday, 11 October 2013

Dans le 11ème arrondissement (III)


Journal Parisien

11 octobre

Canal St-Martin, à « La Marine » (et peu importe si ce n'est plus le onzième)

Trianguler. J’écrivais ça hier. 

Le marin utilise toujours carte et compas pour calculer sa position le long des côtes, le relevé de trois amers.

Même si la navigation par GPS est disponible partout, le marin prudent prévoira le recours aux instruments traditionnels. 

Ne pas se fier à l’électronique pour tout, danger. 

En voiture, dans les grands territoires du Québec, plus d’une fois, le GPS s’était planté, se mettait à recalculer une route absurde après la perte du signal avec le satellite ; ainsi au milieu du parc faunique des Laurentides, avec des instructions débitées d’une voix de synthèse : « prenez la sortie à droite dans cent cinquante mètres » alors que la prochaine était à cent kilomètres. Ce GPS là n’était pas très aimable non plus. Je me souviens d’une autre navigatrice qui accompagnait ses instructions d’un « s’il vous plait » poli, prononcé « siouplait ». 

Sur un bateau, la navigation côtière ou à l’estime est vitale, y compris sur le St-Laurent qui est un cimetière de navires, une source d’écosystèmes miniatures dans les fonds marins où la vie revient, s’accrochant aux épaves, algues peignant de verts sombres les surfaces rouillées, coquillages confondus aux rivets, aux boulons des plaques d’acier, anémones, tels des rubans flottant aux cordages, bancs de poissons en promenade… car la vie revient, toujours, à tel point que les ingénieurs de la mer, créent des structures métalliques sur les fonds désertifiés du littoral pour attirer la flore et la faune. Curieuse accrétion des choses. 

Qu’en aurait pensé Stephen Jay Gould ?

« Les lunes de Jupiter », d’Alice Munro.

Canal. Un autre mot-clé qui me suit. 

Cela a commencé au Port de Bruxelles, en 1992, 12 du 12 pour être précis. Ou avant, une découverte de l’environnement industriel du canal avec l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaine. Ou encore en 1997 avec « Dualité », publié dans l’anthologie fantastique consacrée à Bruxelles. Et entretemps il y avait eu l’Atalante de Jean Vigo. Et Marie.

Bruges et ses canaux. Venise. Amsterdam. Des villes en damier, des rues d’eau. 

« Maman, je vais jouer dans la rue » dit l’enfant. « Fais attention à ne pas te noyer » lance la mère par habitude en suspendant le linge blanc à la corde du balcon. 

Souvenir. A six ans je marche sur la bordure du trottoir, mais l’eau qui s’écoule dans la rigole est celle d’un canal profond de dix kilomètres d’où surgissent des créatures terrifiantes, la nuit. Adolescent je lis la « Rubrique-à-Brac » de Gottlieb dans « Pilote ». Surprise, un épisode raconte mon histoire, sauf que le gamin marche à-côté d’un précipice. Si vous regardez bien, le petit garçon me ressemble, il a les yeux noirs et les cheveux noirs.

Les canaux, pour les petits garçons nés dans les villes, les rivières ou les fleuves, ce sont d’abord les rigoles où l’eau de pluie s’écoule et se perd à travers des grilles où il ne fait pas bon trop se pencher. Et quand la pluie tombe dru, que les égouts débordent, c’est la mer qui surgit à travers de titanesques fissures, et la ville se fend, se déchire en mille morceaux balayés par la grosse tempête.

Je n’ai pas eu le temps de voir le Canal Lachine à Montréal. Ce doit être un bel ouvrage d’art, il relie le St-Laurent au lac St-Louis au sud de Montréal sur quinze kilomètres en contournant les rapides de Lachine, avec une dénivellation de quatorze mètres. A son apogée la zone industrielle du canal employait plus de vingt mille travailleurs à Montréal, beaucoup d’immigrants d’origine irlandaise. Il a été détrôné en 1959 par la voie maritime du St-Laurent qui relie l’Océan Atlantique à la région des Grands Lacs au cœur du territoire américain, sur une longueur de 3700 kilomètres. Autre époque, on change d’échelle.

Le canal est le symbole de ce travail noble qui relie les hommes de la mer aux hommes de l’intérieur des terres, il est la réduction de la mer et des rivières qui participent, intimement liées, au façonnement des villes, à la satisfaction de leurs besoins ; ainsi de Bruxelles, de Montréal, et de Paris, qui chacune, à des degrés différents, dans la géographie qui leur est propre ont résolu les questions du transport des marchandises, de la gestion de l’eau douce, que sais-je encore ; mais le canal est aussi une figure puissante de l’imaginaire.

Et j’écrivais encore ceci dans l’interstice de mon retour. Un canal peut-être.

Oh fureur des instantanés
mes yeux se ferment déjà
cela ne va pas être facile 
garder ouvert l’œil intérieur

Eau glisse sur la peau huileuse
du rorqual

Le sous-marin russe progresse 
dans le fond de la mer
au rythme lent de ses turbines 
à propulsion nucléaire

Soudain, une torpille-fusée 
à super-cavitation
du néant surgit
tirée depuis six mille kilomètres 
à traversé l’Indien d’océan, le sud Atlantique
s’engouffre dans le St-Laurent 
jusqu’au canal Lachine

Douleur Post-Op Pop Corn du dos à droite, la zone sensible s’est réveillée à l’aéroport, tu m’affliges, m’exaspère, douleur, qu’est devenu le genou, il va se réveiller à Bruxelles. Ce sont les forces de la pesanteur, conséquence de la traction universelle qui s’exerce d’un corps au détriment de l’autre

Un flux anse ton bord du corps 
L’évase courbe sous mes doigts
Sylphide où es-tu
Le nuage blanc d’un port de tête altier
Agit par traction du regard

Quand les livres sont dispersés, la bibliothèque voyage.

Le canal Saint-Marint à Paris, ce jour

Dans le 11ème arrondissement (II)


Journal Parisien

10 octobre

J’arrive tôt dans la salle de formation. Prends le temps d’observer, noter mes impressions.

Un forum ouvert, un lieu circulaire, la Place de Marché, que va-t-on s’échanger ? Des ressources, de temps et d’espace, des informations, un agenda qu’on va construire par l’offre et la demande.
La Place est alimentée par une salle des Nouvelles et rapporte les transactions au Grand Journal.
Quelques règles très simples pour assurer le fonctionnement de cette place, avec une seule loi, celle de l’intérêt partagé, sorte de loi de base de la réciprocité.
Dans ce lieu se retrouvent les agents du changement (vous et moi) qui ont quelque chose à y faire pour, aujourd’hui, trouver des réponses à la question « Croître sans s’épuiser ».

La séance démarre.

Le Cercle, tous égaux.
Le Leadership est en chacun d’entre nous, il est partagé, il est collectif.
On commence par construire un ordre du jour, un agenda. Chacun peut initier un sujet, il suffit de se déplacer au centre du cercle et d’écrire. Cela implique quelques responsabilités :
On doit être là, à l’heure et au lieu indiqué pour la discussion, éventuellement désigner un animateur, documenter la discussion, dont le rapport sera à rendre à la Salle des Nouvelles avant d’être affiché au Grand Journal.

Les principes du Forum Ouvert sont d’une simplicité enfantine : les personnes qui se présentent sont les bonnes (même si on est seul), ça commence quand ça commence (c’est ouvert aux possibilités), ce qui arrive est ce qui pouvait arriver, et ça se termine quand il n’y a plus rien à dire. Cela revient à lâcher prise sur toutes les techniques de contrôle du management traditionnel.

Les animaux totems sont évoqués : les abeilles butineuses qui passent d’une discussion à l’autre, et les papillons qui font la pause, se posent pour réfléchir.

L’agenda démarre, suivi des discussions, des retours, de la seconde phase de discussion.

Premier temps d’un forum ouvert : l’émergence, les idées, la préparation de l’agenda, les discussions
Second temps : la convergence, les pistes pour agir, un plan d’action
La réponse au sujet, au problème posé par le sponsor du Forum vient de ce double processus : faire émerger les idées, ensuite faire converger les propositions d’actions, le tout en utilisant le collectif pour résoudre le problème.

Forum Ouvert : une technique d’intelligence collective pour résoudre des problèmes. Voilà, j’ai participé à un forum, j’ai compris la technique de base, les principes de fonctionnement, et la finalité pour l’organisation.

En anglais : Open Space Technology

L’après-midi, présentation d’autres techniques d’intelligence collective.

World Café ; intéressant, contrairement aux Forums, très utile pour partager l’information, faire circuler les connaissances, par exemple sur un nouveau projet, créer des conversations en profondeur. C’est un outil de concertation.

Pro action Café ; comme je l’ai compris, un très bel outil de feedback collectif entre pairs, par exemple entre chefs de projets, analystes etc… , permet le partage du savoir et de l’expérience, j’y vois un exemple adéquat pour les fameuses « leçons apprises » qui ne sont jamais apprises ni retenues après les projets.

Si je résume, les trois outils principaux (Forum Ouvert,  World Café, Pro action Café) sont comme les lames d’un couteau suisse, l’une pour résoudre un problème, agir, avancer dans le changement, l’autre pour se concerter, avant ou après un changement, la dernière pour partager l’expérience en cours, donner du feedback, pendant le changement.

D’une simplicité, et d’une redoutable efficacité.

Le prérequis : l’intelligence du comité de direction qui supporte les processus émergents, innovants, collectifs, dans l’organisation. Pas donné à tout le monde.

On aborde encore deux outils.

Storytelling : créer du sens, de la mémoire collective, très utile pour revoir ses mythes fondateurs, s’inscrire dans la durée, la continuité, l’histoire.

Le Cercle : le plus mystérieux, et en même temps le plus basique des outils. Le partage de la parole, parler en son nom, en assumant le Je, être un sujet, mais aussi, surtout, parler au centre (vide), et plus intriguant, écouter le centre (vide), qui représente en fait le vide du moyeu de la roue qui fait tourner le cercle, le Nous de l’intelligence, ou de la sagesse collective, qui est pour le coup, invisible. La parole et le silence.

En soirée, après le debriefing des formateurs, le départ des participants, je passe prendre une bière au Plein Soleil, balance un premier extrait de ce journal sur le blog. 

Nobel de Littérature 2013 pour Alice Munro, écrivain Canadienne de l’Ontario.

Je rejoins D. et E. dans un petit restaurant asiatique purement végétarien rue Bichat. Excellent et pas cher.

D. nous parle de son expérience de facilitatrice des Forums, de ses rencontres avec des personnes inspiratrices aux Etats-Unis, de l’outil des « Sept Génération », très puissant, de l’outil des « Constellations », canalisateur d’énergies. Je réalise plus tard, que Seven Generations est une méthode d’éducation développée à partir des enseignements traditionnels d’un peuple amérindien, les Ojibwas, et cela ne m’étonne pas.

Plus tard, me rend compte de certaines connexions de lieux et de personnes avec D., éprouve un vertige, écris :

« Il s'en passe des événements, ça vibre d'un peu partout, une connexion en appelle une autre, une danse synchrone, un triangle de forces entre trois villes où ma vie s'écrit dans un vortex, la danse du changement qui relie Bruxelles, Paris, Montréal. C'est tellement clair. C'est le nouveau paradigme, je suis dedans, je suis plusieurs, constellé. Merci. »

Kinanâskomitin.

Merci à celle qui rêve des aigles.

Le temps du rêve collectif arrive. Je sens le vol des outardes en migration, je suis l’une d’elles, au centre du vol, vers ce pays lointain où il faut se rendre pour passer l’hiver, vers ce vide qui incarne le Nous, le collectif, l’âme invisible du groupe et le moteur secret de notre appartenance.


Pause pendant la formation

Thursday, 10 October 2013

Dans le 11ème arrondissement (I)


Journal Parisien

9 octobre

Au “Plein Soleil”, Métro Parmentier, c’est dans le onzième, le fief de Belleville, mais oui, c’est ici qu’on s’était rencontrés pour une première discussion sérieuse avec O.

Les rue de Paris, les cafés, la presse, les gens, les Parisiennes, les bruits de la ville, odeurs, agitations, bruissements, vas et viens, quoi, mais les gens, toujours et partout, vie de la ville, une ville dont le cœur bat dans chaque rue, la même chose, je sens dans mes tripes cette ville dont le cœur bat depuis des années et des années dans mon cœur, cette ville, sauvage, on se heurte, on se bouscule, on se serre, on est à l’étroit, partout l’espace est compté, et j’aime ça, qu’est-ce que j’aime ça, humanité en marche, au repos, accrochée à son portable, nerveuse, il faut aller vite, vite, mais aussi, terrasses de cafés, bondées, on se serre encore un peu plus, faire de la place pour le naufragé urbain, voyez comme tout le monde se serre par solidarité, pour le nouveau, l’inconnu, le voisin de ville, les visages m’accueillent, rapides regards, il faut faire vite, on se serre, il y a des humeurs, des parfums dans l’air, des regards qui accrochent, qui décrochent, des échanges, parfois des sourires, rares, mais alors, quel bonheur, car c’est ainsi que ce passe la vie ici, dans la friction des corps, des regards, des nez, des oreilles, dans l’échange rapide, corpusculaire, d’atomes de beauté, de phéromones d’attractions réciproques à peine nées que consumées, comment retenir le flux, s’immerger dans le flux. Paris, le flux. Paris, le chaos. Paris, je t’aime.

Vais-je manquer de cette force vitale dans le Nouveau Monde ?


Tuesday, 8 October 2013

Coeur ouvert VIII


Je voulais capturer la fragilité d’un matin sur la plage à l’automne, avec les derniers beaux jours. 

Avec un peu de chance peut-être pourrions nous apercevoir l’évent d’une baleine bleue ou le dos d’un bélouga passant au large, sans souci du promeneur, à la poursuite du krill vert, des ébats, des courants. 

Je voulais saisir ce moment où le dos du mammifère marin s’arc-boute sur les eaux du fleuve, tel le pilier fugitif d’un pont à peine né, à peine écroulé, je voulais capturer cet instant qui m’avait toujours été volé, et qu’importe si je n’y arrivais pas, car ce matin-là, je prenais plaisir à la marche à marée basse, toi à mes côtés, toi qui étais venue, m’avais entendu, dont le rire blanc sonnait comme un tocsin à mon réveil.

« Bon matin ! » disais-tu, et déjà, tu enfilais tes bottes, ton ciré, et déjà, le chat réclamait devant la porte.

Le temps de saisir mon Leica, d’enfiler un pantalon, pieds nus je sortais, un peu éberlué, un peu farfelu, « attends-moi ! » lançais-je dans le vent frais, « où cours-tu, je suis là », et tu te retournais en riant.

J’ai compris que les seuls instants que j’aurais voulu sauver étaient ceux-là, ton pas tranquille, ta silhouette ; tu te penchais sur la plage à ramasser les coquillages, les oursins, le bois flotté, blanc, saisi par le sel, le soleil, l’eau.

Je m’approchai de toi, le Leica pointé vers le sol. J’appuyai sur le déclencheur.

Plus tard, dans la chambre noire, je vis un couple de géants qui perdaient pied, qui dansaient.

C’est tout ce qui me reste de toi que cette grande ombre rieuse qui s’élance sur le sable.

Demain matin, je m’en irai seul, le cœur fermé au bord du monde.

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Proposition en atelier d’écriture, Bruxelles, 6 octobre. Sélectionner une image, y mettre un titre.
Se mettre à la place du photographe et raconter à la première personne l’histoire de cette image. 
Quinze minutes d’écriture.

Coeur ouvert au bord du monde



Monday, 7 October 2013

Morceau d'écorce


J’aime l’écorce de bouleau blanc qui sert à fabriquer des canoës, et sur lequel, comme sur une peau, j’ai envie d’écrire,

parce que tu avais ramassé ce bout d’écorce et l’avais mit devant tes yeux, tu portais un masque qui te ressemblait, qui te collait comme l’écorce à l’arbre, toi qui étais partie à la recherche de tes racines, toi qui rêvais de l’époque où nous parlions le langage des arbres, cette langue feuillue qu’avec effort, persévérance, tu t’étais mise à étudier, pour laquelle tu avais quitté ta famille si conventionnelle, pour laquelle tu étais partie dans l’Ouest de tes ancêtres, d’où tu revenais, ton sourire de faune, tes yeux rieurs, ton enthousiasme si communicatif,

qu’il me donne moi aussi l’envie de partir dans les Prairies, de m’extraire de ma coquille, d’aspirer le ciel immense, le ciel bleu, si immense qui est comme l’océan au-dessus des Prairies de l’Alberta, du Saskatchewan,

de ces pays qu’un jour je parcourrais

car le ciel est ma peau

je suis vivant sous le ciel

le ciel est vivant

Living under a living sky.

Saskatchewan, Canada

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Proposition en atelier d’écriture, Bruxelles, 6 octobre. Variation sur la "Liste de Roland Barthes": rédiger une liste de "J'aime... J'aime pas...". Sélectionner un élément, développer.