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Affichage des articles du juin, 2014

Novembre '14 ... Bray-Dunes Requiem

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Novembre ’14     Bray-Dunes Requiem  
La course à la mer est terminée
les armées du Kronprinz et le corps expéditionnaire britannique se retrouvent à l’extrême du monde
par une froide nuit les convois passent et s’enfoncent dans la lumière
Je n’ai pas peur ma chère Lotte car tout est plus beau ici
que m’importent la boue et la mitraille ta photo sur mon cœur suffit
-- Hans
J’entends Puck & Oberon sonner la charge ma douce Emily
nous sommes arrivés au bout du voyage tu me tiens chaud au cœur
-- John
Respire     respire     prends tout le temps qu’il te faudra
tu n’as plus mal
entre lentement dans la douceur
- Père ?
- Oui fils
- Es-tu fier de moi ?
Ce soir la barque est arrivée     elle est chargée     le nautonier de feu a une parole aimable pour tout le monde
n’oublie pas de lui laisser une pièce pour prix de ton passage
ciel de rouille     mer abrasée
le sourire du chat flotte dans l’air
- à demain Hans
- à demain John
corps à corps
cœurs endormis


Immersion dans l'expositio…

... Une multitude .... Aveugle au bord du monde

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Mon monde à moi c'est
… une multitude     un monde ancien     des voix qui traversent le temps     me parlent des traces des rebuts des petits riens intimes     et ce monde n’est pas le mien     juste un locataire ici     voyageur     autour de ma chambre     entre les continents     mais passager     tu vois     tu sens     tu te poses beaucoup de questions     tu penses et cela te tiens aussi à distance car parfois ce monde est de trop     … la multitude déborde     tes frontières craquent
Tu peux juste le recomposer le temps d’une écriture


Immersion dans l'exposition de photos "Bords de Monde" de Martine Cornil à la bibliothèque de l'Université du Travail de Charleroi en atelier d'écriture. Animation par Fidéline Dujeu.. Exercice d'échauffement : mon monde à moi, c'est ...
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Aveugle au bord du monde.

Roulent les épaisseurs du chaos, fracas bruts d’une matière mugissements des abîmes d’où te parvienn…

Ce soir j'étais Amos Gitaï

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Ce soir, à l'issue de la lecture publique au Pele-Mele d'Ixelles, une participante me dit: votre texte était très beau, complètement israélien, mais peu de personnes dans l'audience ont pût le capter. Elle m'a dit aussi votre écriture me fait penser à l'écriture cinématographique d'Amos Gitai, on dirait que vous êtes allé sur le terrain. C'est vrai j'étais très ému ce soir en lisant mon texte, j'avais la gorge asséchée et serrée, ma voix passait par des vibrations qui me surprenaient avec l'amplification du micro auquel je ne suis pas habitué, j'avais le sentiment d'une grande maladresse et en même temps j'expirais les phrases comme si elles étaient en train de mourir avec mon personnage. Rentré, et intrigué par la comparaison car je n'ai jamais rien vu d'Amos Gitai -- d'ailleurs quand elle m'a cité ce cinéaste ce n'est pas ce nom-là que j'ai entendu mais celui d'Amos Oz, le grand ecrivain israélien, que …

C’est un peu flou, tu pourrais bouger? Voilà, c’est plus net. Merci

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« On va faire de l’écriture » avait dit Milady. J’ai planté le contexte dans le post précédent. Cela pourrait s’intituler « un triptyque d’écriture ». Tu prends un sujet et tu le travailles avec trois vocabulaires : un flou, un net, un bougé. Tu obtiens quelque chose de différent. Ce que nous avons fait chacun sur un ruban de papier à même le sol. Et ça donnait ceci pour moi, il m’a manqué le temps de compléter le triptyque :
Le Flou
Au début était l’informe Rien qu’un peu d’humeur Dans la chambre close là Une présence muette Un visage sans visage Une langue sans mots Ni voyelles ni souffle Rien qu’un peu de poussière De consonnes agglutinées Fricatives Roulées Tohu et bohu des choses Pas encore nommées Obscures Une lueur de rien Un peu d’eau qui s’écoule De ton œil.
Le Net
Tu n’as plus rien à dire Quand ta larme a séché Ton visage ridé renferme Toute la poussière des chemins Tu te couches Un chien passe par là.
A ce stade il n’y avait pas encore de sujet. A l’étape suivante vinrent les personnages, cinq créat…

De Jeanne à Jeannot, une matinée avec Perrine le Querrec

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« Master Class » avec Perrine le Querrec, animée par Milady Renoir à « La Bellone, Maison du spectacle » à Bruxelles, ce 14 juin 2014
Note au lecteur : ces notes ne prétendent pas à l’exhaustivité, elles ne constituent pas un compte-rendu fidèle ni complet de la rencontre à laquelle j’ai eu le plaisir de participer. Tout au plus des ratures dans un carnet que je retranscris en y ajoutant fidèle à ma méthode des commentaires personnels, des souvenirs, des évocations d’autres lieux, d’autres livres, d’autres rencontres…
Milady rappelle le contexte de ces « master classes » : faire parler un auteur de ses œuvres et surtout de son travail, ses matières et rituels d’écriture dans un dialogue avec le public ; suite à quoi un atelier d’écriture sur une thématique, une proposition chère à l’auteur met tout le monde à contribution. Une première rencontre de ce type avait eu lieu récemment avec Marie Darrieussecq. Aujourd’hui, c’est au tour de Perrine le Querrec d’être accueillie dans ce lieu ma…

Passage d'un avatar II

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Le 1er janvier 1970 j'avais atteint l'âge de 4134 kilomètres, je veux dire de 4134 jours, soit environ 11 ans et quatre mois, j'avais vu « 2001 Odyssée de l'Espace » de Stanley Kubrick au cinéma, et j'avais par conséquent quelques années-lumière d'avance sur le vulgaire; je commencerais bientôt à lire de la science-fiction américaine de l'âge d'or, et la course en avant se poursuivrait toujours plus vite, entre visions d'une science de l'avenir, avec la psychohistoire d'Asimov, et conscience que l'humanité n'aime pas les gens différents de la norme, avec les Slans de Van Vogt; mes deux meilleurs amis m'offriraient pour mon anniversaire un livre sur les Quasars, ces mystérieux objets "quasi-stellaires" des confins de l'univers, livre auquel je ne comprendrais rien car bourré de mathématiques hors de ma portée, mais que la cosmologie était poétique! J'étais persuadé qu'en l'année 1982 les voyages sur Mars …

Passage d'un avatar

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tu sais quoi des avatars // machins en métamorphoses réincarnés // pierre tu fus pourriture sera-tu au royaume des lecteurs et des auteurs car ils finiront tous par écrire leur roman // sept milliards de romans et la parousie enfin des mots et des corps de gloire // car enfin tu mues tu te transformes // la position de l’auteur couché // la dame avec un fusil et des lunettes dans l’auto // te voilà corps nom prénom alias image intégré dans la cohérence d’une lumière là-bas // au cœur du data center // colocation sur une puce de silicium au plus près des marchés // rapidité action réaction instantanée ou presque // le temps humain a disparu // mais ici ici ici qui es-tu que fais-tu pour restaurer le temps humain // les mots te cherchent te trouvent // tu n’es pas langage ni corps de langue ni gangue de chair pour des phrases // pasolini racontait un jour que le cinéma c’était la langue naturelle de la réalité // et ta langue naturelle de ta réalité c’est quoi mais une autre langue qui …

Le Carnet Perdu vert émeraude

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/// La vie des mots écrits ça commence par des traces que tu perds de vue parfois longtemps /// ça se soutient de carnets / t'en as beaucoup tu suis plus /// et puis il y a l'électronique qui t'envahit / ce serait plus simple sans word processor et toute cette merde virtuelle qui a compliqué notre rapport aux mondes et singulièrement nous a compliqué la vie de tous les jours /// c'est ma minute néo-luddite / regarde au dictionnaire ou sur google /// ça se poursuit dans la lecture la réécriture l'édition la publication la réception les commentaires les regrets de vacherie de / qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça / et puis ça tombe à plat comme tu le vois là / c'est là oui que ça se passe se tasse te dis merci d'être là quand même /// te dis merci parce que dans le fond la seule question c'est quoi qu'on laisse de traces de nous / c'est quoi quand on est mort qui continue à te dire les mots que tu as entendus oubliés perdus retrouvés /…