Articles

Affichage des articles du décembre, 2014

400!

Image
Depuis Hérodote et Hollywood, un des lieux communs de l’histoire est le sacrifice des 300 spartiates réunis autour de Léonidas aux Thermopyles. Mais qui se souvient de l’anabase des 400 mégariens morts de froid lors de la retraite des Dix Mille narrée par Xénophon ? Rappelons les faits : nous sommes en -400, le satrape Tissapherne promet le passage d’un défilé dans les montagnes d’Arménie aux troupes grecques épuisées conduites par le général Cléandre. C’est un piège. Les sauvages Cardouques, Taoques et Colques qui peuplent les montagnes, s’attrapent avec un peu d’or et de cire d’abeille, ce que le rusé Tissapherne à la langue de vipère a compris. L’occasion est offerte de ce débarrasser de ces mercenaires encombrants, qui tout grecs fussent-ils n’en sont pas moins des hommes affaiblis par une longue retraite. Mao Zedong dira plus tard, paraphrasant Xénophon dans le Petit Livre Rouge : « le peuple est comme une colonne de fourmis (rouges). Sectionnée, la colonne se reconstitue en peti…

C'est chose commune à tous de penser (Héraclite)

Image
Le 8 août dernier je publiais sur ce blog mon dernier billet du « Journal de la Grèce », intitulé Je renonce, longue prosodie entre oralité et obstination, dans lequel je disais bien quelque chose de cet ordre né de l’abandon aux courants élémentaires, à la puissance qui sauve et qui oublie. C’est le journal le plus tenu à ce jour en ces lieux où la Pythie prononça les premiers mots du poème, ô Grèce de Byron, d’Héraclite et de mon enfance ; et quel est donc ce renoncement si cher qu’il fallait te clamer et t’en réclamer le dû, sinon à toi C. le méta-morphe, le volontaire, l’annonce d’un naufrage, le pli de la mer qui épouse le vent, avec quelle facilité, à t’en creuser des vagues profondes, à t’en délester les mots afin que plus léger tu t’élèves enfin et disparaisse à la vue des oiseaux ? Ne crois pas t’en sortir. Hier était hier, disparu. Dans le poème qui s’écrit, entre chasme et chaos, les longs silences écrivent aussi. Des flammes insaisissables. Des remparts. Cyclopéens murs de My…

Deux mélodies de J.G. Ballard avec improvisation

Image
Extrait #1

“Tous les soirs d’été à Vermilion Sands, les poèmes insensés de ma belle voisine traversaient le désert depuis l’Atelier 5, Les Etoiles, jusqu’à ma villa, écheveaux de rubans colorés qui se défaisaient dans le sable comme les fils d’une toile d’araignée mise en pièces. Pendant toute la nuit, ils venaient ensuite flotter autour des piliers supportant la terrasse, s’entrelaçaient à la grille du balcon, et au matin, avant que je ne les balaie, il s’en trouvait d’accrochés sur la façade sud de la villa comme une bougainvillée d’une éclatant rouge cerise. Une fois même, ayant passé trois jours à Plage Rouge, j’en revins pour trouver la terrasse tout entière remplie d’un gros nuage d’étoffe colorée, qui creva quand j’ouvris les portes-fenêtres et envahit d’un coup le petit salon, ses lambeaux soyeux se glissant entre les meubles et les rayons de la bibliothèque aussi subrepticement que les vrilles délicates de quelque plante géante et exagérément tendre. Après cela, je devais penda…

Dans les profondeurs du donjon, se cache un dragon (2ème partie)

Image
Mon personnage suivant, après Max le Paladin et Frère Bismuth, le Clérique du Droit Chemin fut un SvirfneblinIllusionniste (n’éternuez pas), dont j’ai oublié le nom.
C’est quoi cette bête ? Un gnome, Sire, mais un gnome des profondeurs, très pâle, maladif, chauve et portant lunettes de soleil pour se protéger de la lumière du jour. A ce point de mes souvenirs la mémoire me joue des tours, car je n’ai plus rien conservé de mes fiches de personnages, ni de tous mes cahiers de l’époque. C’est une habitude que j’ai contractée, me débarrasser des « encombrants », sans faire le tri, ce que je regrette évidemment des années plus tard.
Ce gnome portait probablement un prénom anglais et un patronyme à consonance « svirfnebli », disons qu’il s’appelait Wallace Warin Sidari-Puck (novice de la maison des Sidarinth (pluriel de Sidari), c’est-à-dire des Illusionnistes, affiliés au clan Warin).
Au cas où vous l’ignoreriez, les Illusionnistes sont une variété de Magiciens. Je ne parle pas des amuseurs…

Dans les profondeurs du donjon, se cache un dragon (Ière partie)

Image
J’ai commencé à jouer à Donjons & Dragons au début des années ’80, à la fin de l’université. 
J’étais stagiaire psychologue à l’hôpital Erasme de Bruxelles, en section psychiatrie. Mon mentor était un jeune médecin psychiatre, le docteur Philippe H. Avec un groupe d’amis, petites ami(e)s, collègues et membres de la famille, nous nous retrouvions le samedi soir chez lui et jouions un mixte de règles issues de la « boite rouge » (Dungeons & Dragons Basic Set) et d’Advanced Dungeons & Dragons (1st edition), dans leur version originale en anglais ; les traductions françaises étaient récentes, le phénomène prenait de l’ampleur en Europe, l’anglais de Gary Gygax était ampoulé et les aspects techniques de ces livres étaient assez rebutants, mais quelle excitation de participer à ce phénomène nouveau qui débarquait des campus américains ! 
Le souvenir des premières parties que j’ai joué est intact. Je me rappelle que mon tout premier personnage était un Paladin, et je le jouais « lo…