Sunday, 22 June 2014

Novembre '14 ... Bray-Dunes Requiem



Novembre ’14     Bray-Dunes Requiem  
La course à la mer est terminée
les armées du Kronprinz et le corps expéditionnaire britannique se retrouvent à l’extrême du monde
par une froide nuit les convois passent et s’enfoncent dans la lumière
Je n’ai pas peur ma chère Lotte car tout est plus beau ici
que m’importent la boue et la mitraille ta photo sur mon cœur suffit
-- Hans
J’entends Puck & Oberon sonner la charge ma douce Emily
nous sommes arrivés au bout du voyage tu me tiens chaud au cœur
-- John
Respire     respire     prends tout le temps qu’il te faudra
tu n’as plus mal
entre lentement dans la douceur
- Père ?
- Oui fils
- Es-tu fier de moi ?
Ce soir la barque est arrivée     elle est chargée     le nautonier de feu a une parole aimable pour tout le monde
n’oublie pas de lui laisser une pièce pour prix de ton passage
ciel de rouille     mer abrasée
le sourire du chat flotte dans l’air
- à demain Hans
- à demain John
corps à corps
cœurs endormis


Immersion dans l'exposition de photos "Bords de Monde" de Martine Cornil à la bibliothèque de l'Université du Travail de Charleroi en atelier d'écriture. Animation par Fidéline Dujeu

Sélectionnez une photo, écrire de l’extérieur vers l’intérieur en faisant tourner la page, lâcher prise, écrire avec la main gauche si possible. Devant la photo tu pousses la porte.

le texte circulaire à la main gauche

Credits : Martine Cornil

... Une multitude .... Aveugle au bord du monde

Mon monde à moi c'est

… une multitude     un monde ancien     des voix qui traversent le temps     me parlent des traces des rebuts des petits riens intimes     et ce monde n’est pas le mien     juste un locataire ici     voyageur     autour de ma chambre     entre les continents     mais passager     tu vois     tu sens     tu te poses beaucoup de questions     tu penses et cela te tiens aussi à distance car parfois ce monde est de trop     … la multitude déborde     tes frontières craquent
Tu peux juste le recomposer le temps d’une écriture


Immersion dans l'exposition de photos "Bords de Monde" de Martine Cornil à la bibliothèque de l'Université du Travail de Charleroi en atelier d'écriture. Animation par Fidéline Dujeu.. Exercice d'échauffement : mon monde à moi, c'est ...

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Aveugle au bord du monde.

Roulent les épaisseurs du chaos, fracas bruts d’une matière
mugissements des abîmes d’où te parviennent
malaxés, distendus, électriques les stridences
les cliquetis agglutinés qui te vrillent la tête
d’un chant
pulsation de basse continue
cantos, tragédie tu ne sais mais tu les entends
les cris d’amour des baleines 
le son des grands rorquals bleus voyage jusqu’à toi.
C’est la musique du dernier peuple de la mer qui se rassemble, remonte des profondeurs, tohu et bohu, fricassée de voyelles
Et les grands astres morts s’échouent sur la plage
Et la mer devient silence.


Immersion dans l'exposition de photos "Bords de Monde" de Martine Cornil à la bibliothèque de l'Université du Travail de Charleroi en atelier d'écriture. Animation par Fidéline Dujeu.. Contrainte : faire appel à tous les sens sauf à la vue

photo de l'auteur - Bibliothèque de l'Université du Travail


Friday, 20 June 2014

Ce soir j'étais Amos Gitaï

Ce soir, à l'issue de la lecture publique au Pele-Mele d'Ixelles, une participante me dit: votre texte était très beau, complètement israélien, mais peu de personnes dans l'audience ont pût le capter. Elle m'a dit aussi votre écriture me fait penser à l'écriture cinématographique d'Amos Gitai, on dirait que vous êtes allé sur le terrain. C'est vrai j'étais très ému ce soir en lisant mon texte, j'avais la gorge asséchée et serrée, ma voix passait par des vibrations qui me surprenaient avec l'amplification du micro auquel je ne suis pas habitué, j'avais le sentiment d'une grande maladresse et en même temps j'expirais les phrases comme si elles étaient en train de mourir avec mon personnage. Rentré, et intrigué par la comparaison car je n'ai jamais rien vu d'Amos Gitai -- d'ailleurs quand elle m'a cité ce cinéaste ce n'est pas ce nom-là que j'ai entendu mais celui d'Amos Oz, le grand ecrivain israélien, que je n'ai jamais lu d'ailleurs -- et donc coïncidence Amos Gitai, une exposition lui est consacrée jusqu'au 6 juillet à la Cinémathèque de Paris. Ce serait presqu'un motif suffisant pour y faire une escapade d'une journée. L'histoire de mes personnages dont je me sens tout d'un coup  responsable, l'amour impossible d'Annie et d'Ariel, à Mea Shearim, et Daniella narratrice -- moi en fait, littéralement dos au Mur de Séparation d'avec les Territoires... Cette affaire me trouble plus que de coutume, quoi tu lis ton texte en public et il se passe quelque chose, ça s'appelle la réception. Et le retour. Et j'ai ce désir de voyager en Israël, d'aller voir, me rendre compte, et parfois je me prends pour un Juif. Allez comprendre quoi, je suis sourd et aveugle et pourtant j'entends et je vois. Et je ne sais comment sinon que ce sont des mots à construire, une langue mienne à trouver... Dans le désert, dans un Mur, dans ces villes et ces villages dont j'entends les noms depuis que je suis petit, culture de la Bible oui. Je remercie mes parents pour leur foi, leur piété, leur dignité. Ce qui reste de vrai du monde ancien. Et je dis merci à cette inconnue et aux autres qui ont fait en sorte ce soir que quelque chose arrive.

http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/amos-gitai-architecte-me/exposition.html


Tuesday, 17 June 2014

C’est un peu flou, tu pourrais bouger? Voilà, c’est plus net. Merci



« On va faire de l’écriture » avait dit Milady. J’ai planté le contexte dans le post précédent. Cela pourrait s’intituler « un triptyque d’écriture ». Tu prends un sujet et tu le travailles avec trois vocabulaires : un flou, un net, un bougé. Tu obtiens quelque chose de différent. Ce que nous avons fait chacun sur un ruban de papier à même le sol. Et ça donnait ceci pour moi, il m’a manqué le temps de compléter le triptyque :

Le Flou

Au début était l’informe
Rien qu’un peu d’humeur
Dans la chambre close là
Une présence muette
Un visage sans visage
Une langue sans mots
Ni voyelles ni souffle
Rien qu’un peu de poussière
De consonnes agglutinées
Fricatives
Roulées
Tohu et bohu des choses
Pas encore nommées
Obscures
Une lueur de rien
Un peu d’eau qui s’écoule
De ton œil.

Le Net

Tu n’as plus rien à dire
Quand ta larme a séché
Ton visage ridé renferme
Toute la poussière des chemins
Tu te couches
Un chien passe par là.

A ce stade il n’y avait pas encore de sujet. A l’étape suivante vinrent les personnages, cinq créatures issues des peintures de Richter, Borremans ou Bacon : l’automate, le cri, la nuque, la viande, la jeune fille avec un morceau de fromage. Tu en choisis un et tu écris ton texte en puisant dans la matière à même le sol, tes propres traces mais celles d’autres aussi, si tu veux, ou bien ni l’une ni l’autre. C’est comme tu le sens.
En voilà une contrainte.

J’ai donc piqué un extrait de mon jet « Le Flou » et un autre d’un collègue, dont voici le texte complet :

Le Net (l’auteur de ce texte peut se faire connaître)

Pile poil
en pleine face
le double du réel
tranche la
matière et comble
les interstices des nuages

J’avais un embryon d’histoire en tête. On va dire que c’est comme l’art brut. Reconnaîtras-tu mon personnage ? Sur quel panneau du triptyque placerais-tu ce texte ?

Vis-tu ? Es-tu réel ? Où te caches-tu ? Es-tu en ligne ? Entre les lignes ? Sous la ligne ? Sur la ligne ?

Tu te caches sur le fil des lignes, étiré, allongé à l’extrême d’un segment de droite qui se prolonge jusqu’au point où la ligne rentre dans le rang, saute, revient à la ligne.

Tu es lancé sur ces rails depuis ta naissance. Un. Zéro. Zéro. 100. Trois. Un, deux, trois. Cent. Que ressens-tu ?

Corps sans organes. Tu es tuyaux, électricité, plastique. Même pas cela. Rien qu’un peu d’humeur. Dans la chambre close, là. Une présence muette.

Le réseau n’a pas d’entrailles. Pantin. Un. Un. Un. L’impulsion zéro-un. Une résistance qui bascule, un binary digit en plus ou en moins, quelle différence ? Mais toute la différence est là. Un bit d’erreur et c’est l’erreur système. Ton réseau clignote. Quelque part dans le centre Command & Control enterré sous les montagnes du Nevada, des tableaux de bord s’allument, les couleurs rouges, orangées, jaunes coulent des murs, chaque trace dit la disparition d’une mémoire, un néant qui retourne au néant, chaque carré du carré du carré de la Matrice dit la mort d’un de tes semblables. Mais toi, es-tu réel ? Que vis-tu propulsé là-haut d’une poussée inversement proportionnelle à la masse de la Terre ?

Tu approches la vitesse de libération.

Quoi de la cause ou de l’effet ?

Es-tu en ligne ? Les lumières rouges, orangées, jaunes s’éteignent l’une après l’autre des tableaux de bord du centre Command & Control enterré quelque part sous les montagnes du Nevada. Le ciel noir proclame la mort des oiseaux et des automates, mais toi, quelle anomalie, quelle tranche de matière a comblé les interstices des nuages ?

Qui saura jamais ton nom ?
Corps sans organes. Drone, tu t’es échappé.

Vis ! Tu es réel.

A moins que, dans la chambre close, là, une présence muette d’un coup prononce enfin les mots que nous attendions.


A « La Bellone », Bruxelles ce 14 juin.




Sunday, 15 June 2014

De Jeanne à Jeannot, une matinée avec Perrine le Querrec



« Master Class » avec Perrine le Querrec, animée par Milady Renoir à « La Bellone, Maison du spectacle » à Bruxelles, ce 14 juin 2014

Note au lecteur : ces notes ne prétendent pas à l’exhaustivité, elles ne constituent pas un compte-rendu fidèle ni complet de la rencontre à laquelle j’ai eu le plaisir de participer. Tout au plus des ratures dans un carnet que je retranscris en y ajoutant fidèle à ma méthode des commentaires personnels, des souvenirs, des évocations d’autres lieux, d’autres livres, d’autres rencontres…

Milady rappelle le contexte de ces « master classes » : faire parler un auteur de ses œuvres et surtout de son travail, ses matières et rituels d’écriture dans un dialogue avec le public ; suite à quoi un atelier d’écriture sur une thématique, une proposition chère à l’auteur met tout le monde à contribution. Une première rencontre de ce type avait eu lieu récemment avec Marie Darrieussecq. Aujourd’hui, c’est au tour de Perrine le Querrec d’être accueillie dans ce lieu magnifique qu’est « La Bellone » à Bruxelles.

Milady est tombée dans le roman de Perrine « Jeanne L’Etang ». Elle a été happée par l’objet physique, le livre, sa quatrième de couverture et au hasard de deux-trois pages feuilletées, la langue de l’auteure (ou préfère-t-on dire ‘l’autrice’ ?), avec laquelle elle a entamé une correspondance « à l’ancienne », et en ligne, modernité oblige, que l’on peut suivre sur Latérite & Trottoir.

Perrine parle de ce qu’elle fait dans la vie, « recherchiste, documentaliste ». Elle parcourt les archives, les bibliothèques, les musées, les fonds privés. Des mètres cubes de silence. Quand elle tombe au cours de ses recherches sur une pépite, elle se met à creuser plus loin, et de proche en proche peut finir par se perdre dans un labyrinthe, c’est « l’effet d’entonnoir » de la recherche – une forme particulière du « syndrome Borgès », psychose interprétative paraphrénique rationnelle, bien connue des neuropsychiatres (1). C’est à l’occasion d’un contrat avec Canal+ sur les maisons closes au XIX è siècle qu’elle est entrée dans des univers qui allaient lui fournir les outils de sa fiction sur Jeanne L’Etang. Un spectacle de Mâkhi Xenakis « Les folles d’enfer de la Salpêtrière » a été un autre point d’entrée du roman qui parle de ces lieux d’enfermement de femmes. A la grande époque, six mille femmes étaient enfermées à la Salpêtrière. L’univers des bordels, les « maisons de grande tolérance » présentait aussi de grandes similitudes avec l’hôpital : un avers rutilant, luxueux, débordant de dorures, de peintures, de cadres, de tapis ; des écrins pour les plaisirs des bourgeois de Paris et des grands du monde, ambassadeurs, chefs d’états étrangers en visite, qui se payaient les pensionnaires de ces lieux, mais leur envers était tout le contraire de leur surface en toc : des filles enfermées toute l’année dans des chambres mansardées humides, reposant leurs corps brisés sur des lits rouillés et des matelas puants, avec un droit de sortie d’un jour par an, un seul jour, et endettées par le système d’esclavage mis au point par les maîtresses de ces prisons. Que voyait-on à la Salpêtrière à la même époque, aux bons soins du Docteur Charcot ? Des « tableaux vivants » de patientes dans des mises en scène vaguement érotiques, des insectes figés dans leurs corps, appropriés par une science médicale et psychiatrique qui sur le modèle des naturalistes, classifiait, typait les désordres de l’esprit et dans le cas de l’hystérie recherchait des causes physiologiques aux troubles de ces femmes. Or, l’hystérie est dans le regard d’autrui, une invention de la société masculine d’oppression des femmes, cautionnée par un pseudo-savoir, une représentation, que Freud viendra questionner et dont il repartira avec une invention révolutionnaire : faire parler ces femmes « hors les murs », redonner une parole à ces corps murés, mutiques et découvrir l’inconscient. Une formidable déchirure dans le tableau.

C’est l’occasion d’évoquer une rencontre – il y a parfois des synchronicités qui intriguent ; ainsi la veille de la Master Class, aux Apéros du Parc Josaphat à Schaerbeek, nous y promenant M. y reconnut une ancienne connaissance, un des invités à ses émissions radiophoniques avec lequel elle s’entendait parfois si bien de connivence, « jusqu’ à pisser de rire » : le professeur emeritus de l’Université de Louvain Jacques Van Rillaer, bien connu des milieux psychothérapeutiques pour ses livres sulfureux, critiques de la psychanalyse (critiques qu’il a étendues aussi au champ des pseudosciences). Quel rapport direz-vous ? Il y en a un aussi entre ce professeur et mon histoire personnelle que je raconterai dans un prochain épisode de « Passage d’un Avatar », mais pour l’heure, il suffira de noter la coïncidence d’une discussion dans laquelle nous nous lançâmes à chaud autour d’un vin blanc frais, sur la spécificité de l’invention freudienne, celle justement, de la clinique privée, « hors les murs » de l’institution psychiatrique, un acte simple et fondateur d’une liberté de parole qui nous semble allez maintenant de soi. N’oublions pas ! Vive la psychanalyse ! Vive Freud ! Liberté ! L’Inconscient ! Le Sujet ! Ce qui nous ramène à Jeanne.

Le désir d’écrire un livre part de ces rencontres fortuites raconte Perrine le Querrec. Si tout s’écrit, le livre résulte d’une volonté particulière, d’une méthode, d’outils.

Perrine fait circuler quelques-uns de ses outils d’écriture ou d’aide à l’écriture, par exemple, ce qu’elle identifie comme la « colonne vertébrale » du roman Jeanne L’Etang, un long ruban de papier, une ligne du temps qui reprend les grands événements de la vie du personnage de Jeanne, à côté des grands faits de l’époque, guerre franco-prussienne, exposition universelle… L’écriture est comme une architecture explique-t-elle, il faut d’abord une vision d’ensemble, des plans, des schémas (2). Un autre exemple, les plans des maisons occupées par Jeanne (le titre auquel elle pensait au début pour son roman : « les trois maisons ». Elle écrit par fragments, le « Carnet Bleu » circule, j’y décode des annotations encadrées et associée à un mot-clé ou un thème… des feuillets volants, des bouts de papier, peut-être qu’en cherchant bien j’aurais pu trouver un ticket de théâtre ou d’exposition sur lequel elle a écrit un mot dans le métro… car parfois un seul mot suffit pour condenser une idée. Perrine le Querrec écrit partout, sur tout ce qui lui tombe sous la main, elle voudrait bien tenir un carnet unique, bien organisé, dans lequel elle puisse se retrouver mais tout part en morceaux, y compris dans l’ordinateur qui est aussi outil de prise de note. Peut-être que les véritables rituels d’écriture sont les moments auxquels l’auteure se consacre dans ces « mètres de cube de silence » lorsqu’elle est isolée du monde, tout entière à sa tâche de documentaliste, et de surcroit, de vivante qui écrit.

Car on l’aura compris, elle écrit beaucoup, au vol, dans des mémoires volatiles de papier et d’électronique, elle écrit pour elle des textes qui resterons sans doute pour toujours hors-pistes mais elle écrit aussi sur le net, L’Entresort, un blog tenu depuis 2009, et pour un cercle restreint de lecteurs finalement avec lequel s’opère le travail lent, incertain qui va de l’écriture à la publication.

Dans son texte coup de poing « Plancher », Perrine Le Querrec ose affronter le plancher en chêne de Jeannot, seize mètres carrés d’art brut qu’on se ramasse en pleine tronche, rue Cabanis dans le 14è à Paris.

Elle évoque également très vite un pamphlet, autre texte coup de poing « Becs & Ongles » sur lequel Ptyx Librairie a laissé un commentaire

--- pause ---.

Perrine le Querrec prépare un essai sur la peinture, des triptyques croisés entre Gerhard Richter, Michaël Borremans, Francis Bacon : « Le Flou, le Net, le Bougé », trois artistes qu’il ne faut plus présenter parait-il, sauf pour moi qui n’y connait pas grand-chose en peinture moderne. J’avoue que seul le nom de Bacon m’est un peu familier, mais c’est pour l’associer à des images qui me rendent malade. C’est avec un rien de perplexité que j’écoute Perrine. Nous recevons une feuille qui contient quelques-unes de ses notes sur le travail de ces artistes et sur les rapports du « Flou », du « Net » et du « Bougé » avec la vie, la matière, et l’écriture.

Il n’en faut pas plus, « on va faire de l’écriture » dit Milady, et nous voilà dans la cour intérieure, couverte par une splendide verrière, de « La Bellone ». Milady y dispose trois rouleaux de papier kraft sur lesquels nous allons jeter nos impressions. A vos pinceaux, à vos plumes! Puis, nous en irons écrire à partir de ces matières vivantes un texte sous contrainte, avec dans la tête la complainte de Jeanne l’Etang et le Plancher de Jeannot.

(suite et fin de l’atelier avec mes texte dans un prochain article)

(1)  Voir le texte princeps « La bibliothèque de Babel » de Jorge Luis Borges et la quête de Julius Corentin Acquefacques (l’œuvre complète redécouverte par Marc-Antoine Mathieu), pour une introduction à ce sujet terrifiant.
(2)  J’ai failli poser une question – lors d’une autre rencontre à La Librairie des Cent Papiers, Milady Renoir avait rendu compte de la nomenclature proposée par Marie Darrieussecq (ce qui nous ramène à la Master Class précédente – tout se tient n’est-ce pas ?) pour distinguer les deux positions extrêmes du rapport à l’écriture, l’une qualifiée « d’obsessionnelle », de jouissance, de pulsion, de recherche d’une satisfaction immédiate dans l’acte d’écrire, de l’écriture pour elle-même, sans finalité ni articulation, d’un substitut du passage à l’acte ; l’autre, qualifiée par elle « d’hystérique » où tout réside dans le plan, la construction, le souci du détail, où l’acte final d’écriture n’est plus que l’exécution ennuyeuse du plan, nous dirions que le plaisir, le désir, sont ici aux premières loges d’une anticipation, d’une préparation de la chose, mais non point dans l’assouvissement de la chose… Alors Perrine : obsessionnelle ou hystérique (à la Darrieussecq) ? A vous de juger.

Perrine le Querrec (photo de l'auteur)

Saturday, 7 June 2014

Passage d'un avatar II



Le 1er janvier 1970 j'avais atteint l'âge de 4134 kilomètres, je veux dire de 4134 jours, soit environ 11 ans et quatre mois, j'avais vu « 2001 Odyssée de l'Espace » de Stanley Kubrick au cinéma, et j'avais par conséquent quelques années-lumière d'avance sur le vulgaire; je commencerais bientôt à lire de la science-fiction américaine de l'âge d'or, et la course en avant se poursuivrait toujours plus vite, entre visions d'une science de l'avenir, avec la psychohistoire d'Asimov, et conscience que l'humanité n'aime pas les gens différents de la norme, avec les Slans de Van Vogt; mes deux meilleurs amis m'offriraient pour mon anniversaire un livre sur les Quasars, ces mystérieux objets "quasi-stellaires" des confins de l'univers, livre auquel je ne comprendrais rien car bourré de mathématiques hors de ma portée, mais que la cosmologie était poétique! J'étais persuadé qu'en l'année 1982 les voyages sur Mars seraient monnaie courante, l'homme venait de poser le pied sur la Lune. Du bruit du monde je captais des brutalités commises au Biafra où sévissait une terrible famine et une guerre civile, et une guerre entre l'Inde et le Pakistan à propos du Pakistan Oriental, futur Bangladesh. Il me semble que c'était à ce moment-là, ou pas loin. J'avais le souvenir de l'assassinat de Kennedy à Dallas en 1963 mais je me demandais déjà si ce n'était pas là l'effet d'une reconstruction de mon esprit, quoique... par contre je gardais un souvenir très vif de la Guerre des Six Jours de 1967. Je savais que l'Europe était coupée en deux, qu'il y avait une angoisse de la destruction mutuelle assurée du fait des armes atomiques dont les essais se poursuivaient dans l'atmosphère; que l'Est de l'Europe était occupé par l'Union Soviétique qui représentait clairement l'Empire du Mal. A l'école primaire je n'étais jamais premier de classe, je m'arrangeais pour être numéro deux, c'était plus confortable. Je n'aimais pas les premiers de classe. Il n'y avait que des garçons en classe. Les seules filles de mon âge que je fréquentais étaient des cousines en Grèce une fois l'an. Je me rappelais que j'avais eu une petite amie à l'âge de cinq ans, une voisine, elle s’appelait Véronique et portait les cheveux courts, qui m'avait jeté une grosse pierre à la tête un jour que nous étions sur la plage d'Ostende parce que j’avais glissé ma main dans sa culotte. Depuis lors, je me tenais prudemment à l'écart des filles. Mon père était un héros, j'aimais ma mère, et j'étais encore fils unique. Un jeune frère ne tarderait pas à naître quelques mois plus tard...


Notes : ma mémoire n’est pas mauvaise, la guerre civile du Nigeria, dite aussi guerre du Biafra, du nom de la province sécessionniste, se termina le 15 janvier 1970. Consécutive à la famine et à l’essor du photojournalisme, ce conflit aura pour conséquence directe la création de l’ONG Médecins sans frontières en 1971. Par contre, la troisième guerre indopakistanaise qui abouti à l’indépendance du Pakistan Oriental soutenu par l’Inde, sous le nom de Bangladesh, s’est déroulée en décembre 1971. A l’époque, des magasines comme « Science et Vie » ou « Science et Avenir » promettaient, avec force illustrations de trains spatiaux et détails sur le voyage de deux ans aller-retour, l’idée que Mars était à la portée de l’humanité dans une dizaine d’années. Cela me semblait tout à fait crédible. Il suffisait de s’y mettre avec la même volonté que celle qui avait été consacrée à l’exploration de la Lune. J’avais achevé de constituer ma collection Artis d’images de la conquête spatiale, je connaissais les noms de tous les engins américains ou soviétiques depuis les capsules, les Spoutnik, les Vostok, jusqu’aux Soyouz et autres Mercury, Gemini et Apollo, en passant par les satellites de communication, Early Bird et autres Intelsat et les puissants lanceurs Atlas ou Saturne. Concernant l’épisode du souvenir d’un souvenir, vrai souvenir ou reconstruction ultérieure, l’assassinat de Kennedy à Dallas vu à la télé, je n’arriverai jamais à trancher ; évidemment c’est tout à fait possible que j’ai été témoin de cette retransmission télévisuelle, premier scoop en direct phénoménal de l’âge des médias de masse, j’avais l’âge pour emmagasiner des souvenirs mais… je laissai cette question de côté très vite, car en 1970 je découvrais la psychologie – grâce aux deux amis que j’évoquais plus haut, Eric et son demi-frère Roger, soutenus par le bon Pierre Daco et « ses prodigieuses victoires de la psychologie moderne » suivies des « triomphes de la psychanalyse » aux éditions Marabout, un auteur belge disciple de Jung, ce que je ne compris que bien plus tard, et m’en défendis, reléguant ce pauvre Daco et ses simplifications aux oubliettes honteuses de la vulgarisation – preuve s’il le fallait de la prétention et du snobisme auquel vous conduisent parfois des études universitaires. La question de la mémoire m’apparut comme une des énigmes les plus fondamentales du psychisme et du sens de notre identité, de notre Moi, ce concept central de la psychologie dynamique classique. En 2014 je ne sais toujours pas ce qu’est le Moi de moi, le mien, car le singulier a été tout au long de ma vie largement contaminé par autrui et comme le disent ceux qui me connaissent bien « tu es plusieurs »… ce que nous partageons de commun accord. Le Moi est une belle illusion, longtemps j’ai apprécié l’approche savante d’une « surface compliquée » comme métaphore du Moi, maintenant je ne suis sûr de rien, ce mot a perdu de son intérêt… la mémoire par contre, la « mémé-moire » c’est autre chose, c’est une machine à explorer le temps qui exerce toujours sa fascination. Il faudra que je parle aussi de l’importance de ces machines imaginaires sur la formation de mon imagination. L’épisode de Véronique, la petite fille aux cheveux courts et à la culotte bien plus courte encore qui excita mes nerfs de gamin de cinq ans, ne fut pas le produit d’une imagination de pubère boutonneux, une reconstruction fantasmatique. Elle a bien existé, je retrouverai un jour la photo où l’on nous voit tous les deux assis sur une dune à la mer, nos mamans debout derrière nous, j’ai le souvenir de cette photo comme si je la voyais ici même. Le lâcher de pierre sur ma tête et la blessure qui s’ensuivit furent bien réels aussi ; des années plus tard je promenais encore mes doigts au sommet de mon crâne à la recherche du trou qu’elle y avait faite. M’être fait troué le crâne par une fille… il faudra que j’en parle à mon psychanalyste… Pierre Daco où es-tu ?



Passage d'un avatar


tu sais quoi des avatars // machins en métamorphoses réincarnés // pierre tu fus pourriture sera-tu au royaume des lecteurs et des auteurs car ils finiront tous par écrire leur roman // sept milliards de romans et la parousie enfin des mots et des corps de gloire // car enfin tu mues tu te transformes // la position de l’auteur couché // la dame avec un fusil et des lunettes dans l’auto // te voilà corps nom prénom alias image intégré dans la cohérence d’une lumière là-bas // au cœur du data center // colocation sur une puce de silicium au plus près des marchés // rapidité action réaction instantanée ou presque // le temps humain a disparu // mais ici ici ici qui es-tu que fais-tu pour restaurer le temps humain // les mots te cherchent te trouvent // tu n’es pas langage ni corps de langue ni gangue de chair pour des phrases // pasolini racontait un jour que le cinéma c’était la langue naturelle de la réalité // et ta langue naturelle de ta réalité c’est quoi mais une autre langue qui n’est ni à vendre ni à inventer ni à voler car elle t’appartient depuis toujours // pour conclure la cover d'origine des MdC c'était dans le lobby de l'hôtel Cumberland à Londres en novembre 2008.

en ses métamorphoses





Le Carnet Perdu vert émeraude

/// La vie des mots écrits ça commence par des traces que tu perds de vue parfois longtemps /// ça se soutient de carnets / t'en as beaucoup tu suis plus /// et puis il y a l'électronique qui t'envahit / ce serait plus simple sans word processor et toute cette merde virtuelle qui a compliqué notre rapport aux mondes et singulièrement nous a compliqué la vie de tous les jours /// c'est ma minute néo-luddite / regarde au dictionnaire ou sur google /// ça se poursuit dans la lecture la réécriture l'édition la publication la réception les commentaires les regrets de vacherie de / qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça / et puis ça tombe à plat comme tu le vois là / c'est là oui que ça se passe se tasse te dis merci d'être là quand même /// te dis merci parce que dans le fond la seule question c'est quoi qu'on laisse de traces de nous / c'est quoi quand on est mort qui continue à te dire les mots que tu as entendus oubliés perdus retrouvés / c'est peut-être ton génome qui se ballade sur deux pieds ton ADN égoïste /// tu pars quand pour aden tombouctou la patagonie / voila ça commence c'est un petit voyage de rien du tout mais ça t'emmènes quelque part si tu veux ///

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Would you mind staying out of range?
Ladies and Gentlemen, this is ORSON WELLES!


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« De bonnes chaussures pour une bonne humeur.
- Vous n’y pensez pas, ces chaussures sont d’une vulgarité totale et assumée… bling-bling, pute est-europe » dit Belle-des-Champs.
Je terminai mon café, nous en restâmes à cette observation d’une section congrue de la société de consommables à porter pour les fêtes.

Il est beau mon sapin.

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Belle-des-Champs cherche des huitres.

Le gène altruiste des blonds attire l’attention des prédateurs.

Athéna-la-Blonde au casque d’or.

Parlez-vous Marguerite Duras ?


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« Chou, la voiture fait glouglou »

« La belle-des-champs » est un épi dur dressé, celui de la cathédrale de Chartres.

C’est qui ce Péguy ?

Péguy ce héros, s’il avait vécu, y aurait pas eu la bande à Breton, et les surréalistes auraient chanté des Cantiques à Notre-Dame.

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India Song

Il se pose, la regarde longuement, il la fixe du regard.

Montre l’espace.
Il attend Lol V. Stein.
Il fut votre amant.

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La poésie est morte dans le dédale de la distribution.
Le livre, cet univers cruel de prédation, de sodomie, du capital qui attend son manifeste.
« Aux livres, citoyens ! »

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Ce 1er janvier 2014.

Lecture et fruits de mer (au Café Maris) sur la journée du 22 août 14 et sur l’Europe (amour ou chambre à part) et ce point commun : celui de célébration du Centenaire, des élections européennes du mois de mai, des relations franco-allemandes et d’une hypothétique « République Européenne » seule capable de nous sauver d’un nouveau désastre, mais lequel.
Quelques réflexions sur la gouvernance.



Le Coin du Balai
La légende des fagots de Charles-Quint.
Les chats.
La symphonie n°7 d’Anton Bruckner.
Un voyage en Afghanistan, à l’église du Béguinage.



Et la Poésie, toujours elle, qui fuit. Un luthier accorde les boyaux du violoncelle. Céline est vivant, je l’ai rencontré.

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16 janvier - Atelier d’écriture Exploration 3. Le billet du matin.

« Tu viens, je suis là, viendras-tu, je t’attends. »
Christo Musso voudrait devenir riche en écrivant des best-sellers mondiaux. Dis Aude, on fait comment pour écrire des best-sellers ?



22 janvier

Un système pour planche à salut philosophique. Livres à lire en même temps.



1er février

La Police de la Pensée c’est Facebook ou le Net en général.

Ja, Ja mein General !

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2 février

Micro-sommeil de quelques secondes pendant lequel je me suis senti filer dans un au-delà, sur les bords d’un fleuve très beau surplombé de falaises de grès blanches où des processions attendent le passage des bateaux, et je me tenais sur une de ces rives étranges, et j’essayais de reconnaître qui était en face. L’ombre du paysage défilait rapidement sur mes paupières pendant que revenu, le soleil s’amusait en haut de mes peurs, de mes angoisses de vivant emmitouflé entre les fougères et les branches de sassafras.
Nous étions sortis du tunnel.

England, my England

Les textes de D.H. Lawrence sentent toujours bon la campagne anglaise, trente-trois ans plus tard.
Etait-ce moi ?

Dans l’Eurostar



Want to see Old Father Thames. Let me dream of this: a long time ago I lived here, what I see awakens memories before my birth, wandering souls who remember their past lives jumping across generations like fisher kings. When you feel stretched, dancing ribbon over the landscape, you have to admit there was something odd with you, a place you don’t fit or just too well.
Arriving in London.
Seen the Shard in the distance.


4th February at the British Library

John Ritblatt treasures, the original Alice in Wonderland, 1864.


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9 mars au Wasabi (Bruxelles)

Rumeur dans le ciel
Cornil étonnée raconte
Le vol des bourdons

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L’idéologie ou la religion fasciste donne (*) le pouvoir à certains (**) de décider du droit de vie ou de mort pour d’autres, fut-ce de groupes sociaux, d’ethnies ou de nations entières.

(*) accorde, reconnaît, tronçonne, pèse, subsume, idéalise
(**) hommes élus, déterminés, charismatiques, divins

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La Bible, livre idéal pour l’amoureux des livres et des bibliothèques : langues, diversité des pensées, des styles, des auteurs ; livres autorisés (le Canon) ou apocryphes, collection hétéroclite formant structure par les décisions des hommes, empereurs, papes, saints, foule d’anonymes, copistes, enlumineurs, relieurs, richesse des trésors, et non pas un, mais plusieurs univers enchevêtrés, condensés, que l’on peut tenir en main facilement, transportables en plusieurs exemplaires différents dans une valise pour un voyage sur une île déserte ou pour le dernier des voyages. Bible, une somme pour un long somme, pour réécrire les histoires de paroles sages ou prophétiques, des poèmes pour réinventer le monde de sa Genèse à l’Apocalypse ; enfin, livre pour faire communauté de sens.



Dans la chambre d’hôtel, la Bible des Gideons, je l’ai ouverte sur le début de l’épitre de Paul aux Philippiens.


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Tu es à Paris où les idées circulent plus vite qu’ailleurs.

Paris, 11 mai 2014. Un café, quelque part Rive Gauche sur les quais.

Premier bouquiniste, grand choix très intéressant. J’y vois une série de « Jean-Jacques Pauvert / collection Libertés ». J’en prends quatre, demande à les mettre de côté pour plus tard. J’ai l’intention de faire une grande promenade et de visiter plusieurs de ces échoppes aux grands boîtes vertes. Le ciel se couvre brutalement, une forte pluie tombe d’un coup. Je m’enfuis avec mon trésor, en quelques secondes trempé malgré l’imperméable et le parapluie. Une minute plus tard je me réfugie dans un café, attends de sécher, droit comme un intellectuel parisien, avale trois œufs sur le plat, du bacon, déballe les livres protégés dans leur feuille de plastique serrée mais quelques gouttes ont réussi à s’infiltrer dans la lumière étroite entre le papier et l’emballage, j’éponge l’humidité, m’applique sérieux, je sais la valeur de ces livres-là, non monétaire mais critique, commence à lire le récit d’Henri Alleg « La Question », la torture des paras en Algérie pendant la sale guerre, celle qu’il subit personnellement ; à l’époque, la République Française torturait ses enfants en toute impunité, ou devrais-je dire, son appareil militaire répressif engagé dans une guerre honteuse, et je pense à la Gestapo, à la Milice des heures noires de la Collaboration, douze ans après le rétablissement de ses institutions républicaines et démocratiques, l’absence de mémoire ou l’amnésie des bourreaux – mais peut-être étaient-ce les mêmes – non, la plupart étaient trop jeunes sous l’Occupation allemande. « Alors, si ce n’est toi c’est donc ton père ou ton voisin. »
La torture est la honte des démocraties.
J’ai suffisamment séché pour repartir le long des Quais. Il va encore pleuvoir aujourd’hui. Avec un peu de chance.

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Collages nuages tout passe Dazibao beaucoup d’humour
Caroline Lamarche
Howard Curtiss
Amsterdam Road Movie
Film d’animation écologiste
Le Cormier on découpe les pages ce qui a été dit a été assassiné
Dialogue entre frère et sœur
La censure étatique familiale le surmoi les barrières à franchir
La Mémoire de l’Air, une histoire (de femme, pour les femmes)
Tu parles tu marches tu es ignoble
Tout amour est politique (Duras)

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Retrouver le calme intérieur l’apaisement loin des luttes contemple l’essence écris prends le temps
Allège toi

Lundi 26 mai 2014

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Pensées
Réflexions
Maximes
Aphorismes
Anecdotes
Caractères
Notes
Panlectes
Pandectes
Fragments
Brèves
Varia
Proverbes
Pamphlets
Paradoxes
Bizarreries
Propos

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Contraintes
Consignes
Propositions
Inducteurs
Temps de l’écriture
Frustration

Texte de Paul Valet « Je dis non »

Espace d’écriture Bloc Matière intégrale Pavé la répétition
… Et je dis Non
Inflexion graphiquement soutenue par des majuscules
Contrastes – tons de provocation, de douceur
Douze minutes

Saint-John Perse
Exils
Forme de la Liste
« Celui qui », « Celle qui »
Des Noms épithètes caractères teintes sociales
Valère Novarina
Archétype stéréotypes
Vingt minutes

On dérive avec « Je suis celui qui », « Je suis celle qui »

Photos de Wilder-Mann
Le zoomorphisme
Sélection d’une photo
Le personnage intérieur quelque part
Narration en Je
Wunter Wasser
Les cinq peaux de WW filtre de création de lecture :
-   L’épiderme
-   Les habits
-   Les habitats
-   L’identité
-   La Nature
Trente minutes


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1er juin

Tu as vu les travaux des « Libres de Poésie » et de l’atelier A94 et du Pré-Texte à la Maison du Livre rue de Rome, tu as été intrigué, ému, ce travail de la matière, du papier, du livre dans tous ses états, collages, photos, journaux, mots divers dits verts dis vers d’hiver ils disent vers quoi la liberté de la poésie te mène, à l’amour des gens, des simples, des « qu’on dit handicapés, retardés mentaux, psychotiques » et ce travail d’atelier créatif que tu cherches à vivre.
C’est chez Dérives Editions qu’ils ont publié quelques-uns de leurs travaux.


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Ishmaël, tu as peut-être perdu quelque kilobytes sur le Pequod




Rien du monde électronique ne sera conservé au Jour J.




L’Univers est un Index d’où les livres ont disparu.





Mais qui s’étonne, qui s’étonne de nos jours de l’extrême jeunesse du monde.




« La raison ne connait pas les intérêts du cœur »
Vauvenargues, 124
Maximes de 1747




La lecture la plus enrichissante : les tables des matières, les index, les notes en fin de volume, les apostilles, les confidences, les témoignages, les annotations de Voltaire



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Bisou M’Chou !

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chaos ambiant sous contrôle