Saturday, 25 March 2017

Théâtre des Opérations, Mars ‘17



Théâtre des Opérations, Mars ‘17
Journal de la Rêvolution




Précédents épisodes du Théâtre des Opérations

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 « Délire laborieux et appauvrissant que celui de composer de vastes livres ; de développer en cinq cent pages une idée dont la parfaite exposition orale tient en quelques minutes. Procédé bien meilleur celui de feindre que ces livres existent déjà, et d’en présenter un résumé, un commentaire. C’est ainsi que procédèrent Carlyle dans Sartor resartus; Butter dans The Fair Heaven : ouvrages imparfaits aussi puisqu’ils ne sont pas moins tautologiques que les autres. Plus raisonnable, plus incapable, plus paresseux, j’ai préféré écrire des notes sur des livres imaginaires. »
- J.L.B Buenos-Aires, 10 novembre 1941.

« Deux dangers menacent le monde : l’ordre et le désordre. »
- Paul Valéry (1871-1945), La Crise de l’esprit ;
cité par Claude Simon (1913-2005) en épigraphe au Vent.

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  Selling England by the Pound was the fifth studio album from the English progressive rock band Genesis, released in October 1973 on Charisma Records. "Firth Of Fifth" was on the third track of Side One. The album is a masterpiece of English folk & rock culture of the seventies. It contains so beautiful songs and music.

The path is clear
Though no eyes can see
The course laid down long before.
And so with gods and men
The sheep remain inside their pen,
Though many times they’ve seen the way to leave.
- Lyrics from Firth of Fifth

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 “When the Rights of Man were proclaimed for the first time, they were regarded as being independent of history and the privileges which history had accorded certain strata of society. The new independence constituted the newly discovered dignity of man. From the beginning, this new dignity was of a rather ambiguous nature. Historical rights were replaced by natural rights, "nature" took the place of history, and it was tacitly assumed that nature was less alien than history to the essence of man. The very language of the Declaration of Independence as well as of the Declaration des Droits de I'Homme—"inalienable," "given with birth," "self-evident truths"—implies the belief in a kind of human "nature" which would be subject to the same laws of growth as that of the individual and from which rights and laws could be deduced. Today we are perhaps better qualified to judge exactly what this human "nature" amounts to; in any event, it has shown us potentialities that were neither recognized nor even suspected by Western philosophy and religion, which for more than three thousand years have defined and redefined this "nature." But it is not only the, as it were, human aspect of nature that has become questionable to us. Ever since man learned to master it to such an extent that the destruction of all organic life on earth with man-made instruments has become conceivable and technically possible, he has been alienated from nature. Ever since a deeper knowledge of natural processes instilled serious doubts about the existence of natural laws at all, nature itself has assumed a sinister aspect. How should one be able to deduce laws and rights from a universe which apparently knows neither the one nor the other category?”
- H. Arendt, “Decline of Nation-State. End of Rights of Man”, The Origins of Totalitarianism, Second Ed. 1958 Meridian Book NY, p 298

  Living a human life in dignity (and dying for it) or living like an animal in a camp (and dying anyway)? Both choices are the tragedy of life which is inevitable. What does it mean to be a human? Fighting for some ideas.

  We make our choices to be like animals or to be humans, this is what Arendt meant. We are not "human" by birth right. We become humans.

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« Le respect inconditionnel de la personne humaine est un absolu de la pensée démocratique. »
 ... nos états démocratiques qui retirent un certain nombre de droits protégeant les plus démunis ou les plus faibles (au nom de "l'efficience économique") sont-ils consistants avec le primat du respect de la personne humaine en toutes circonstances ? Nous en doutons fort. Il n'y a pas plus d'absolu ou de supériorité morale de la pensée démocratique que dans une tyrannie. La différence entre les deux régimes est celle de l'habeas corpus.

  En effet, la question des sources du Droit est importante pour fonder sa légitimité (prétention à édicter la norme et distinguer le fait), sur quelque conception d'une immanence ou d'une transcendance : i.e. l'origine de la vérité. Du moins dans l'univers non-totalitaire. Car dans l'univers totalitaire le Droit sera fondé sur la prétention objective de la nature, de l'histoire ou du marché à diriger la société "comme un seul homme" et ne marquera plus de distance lors de sa traduction en normes et règles aussi diverses qu'absurdes ou tatillonnes. Est-ce pertinent ?

  Le mythe de la Raison et de l'Homme nu face à la Nature. Ce n'est plus une position philosophique sérieuse. C'est aussi une simplification à nos yeux aujourd'hui abusive, d'où découlent toutes ces fictions dichotomiques qui rendent la pensée schizophrénique.

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  Aux origines du fascisme, les freikorps, ces "soldats perdus" de la Grande Guerre qui s'auto-constituent porteurs d'un idéal politique de rupture. Relire Jünger et les Orages d'acier. Comment ne pas revenir transformé, transfiguré par cette mystique du sang et du feu, lorsqu'on sortait vivant de cet enfer-là, de ce qu'on y avait vu et vécu ? Le phénomène a eu lieu dans tous les pays belligérants à des degrés divers. Cette révolte des soldats. Les associations d'anciens combattants en France, les Croix de Feu et la tentative ratée d'insurrection de février '34.
  Côtoyer la mort et en revenir avec la tête de mort comme drapeau : victoire sur la Méduse ?

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  Augmentation des dépenses militaires US et priorités stratégiques : la maîtrise des océans, thalassocratie contre empire continental. Navires sophistiqués ultralégers et maniables pour le support d’opérations amphibies.
  Rimland and Heartland … Mackinder

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A propos de la Philosophie des formes symboliques d’Ernst Cassirer.
  Sous sa forme étroite ou basse, dégradée, le rationalisme produit autant de réduction de la pensée que le fanatisme religieux et se comporte de manière sectaire et au final, dans la lutte pour le pouvoir réel, sanguinaire. C'est une religion comme les autres, la religion laïque. Alors que sous sa forme haute, ouverte à la pluralité des possibles, tolérante des visions du monde qui apportent chacune une richesse incomparable à l'édification d'un monde commun infini, les Lumières de la raison intègrent les symboles comme autant de sources de sens, d'entendement, de pensée féconde. Aucune pensée ne devrait être étrangère à la pensée. On pourra dire : déisme, religion naturelle, intégration du transcendant dans l'intramondain, du rêve à l'expérience, du romantisme au classicisme, d'Apollon et de Dyonisius. Tout cela est vrai et inclusif. La philosophie est juste trop pauvre dans ses moyens d'expression pour en rendre pleinement compte. Elle dit à l'Art : prend ma place pour dire la vérité du symbole. Ou à la contemplation, ce qui revient au même. Le Beau domine le Vrai et le Bien. Voilà pourquoi à l'Aufklärung succède comme un frère jumeau le romantisme allemand. Le second n'est pas la déchéance du premier. Il en est une expression plus riche. Voilà pourquoi à l'étude des sources grecques et latines les frères Schlegel et d'autres se tournent vers l'étude de la langue du peuple, la langue parlée, riche en mythes, en fécondités qui disent le travail, la valeur, les sens du peuple. La langue appauvrie du rationalisme désenchanté et de la quantification détruit les savoir-faire, les techniques anciennes au nom d'un savoir jugé seul vrai ; celui de la dernière nouveauté qui abolit toutes les autres. Misère de la science qui évacue ainsi sa part d'histoire et de mémoire. Misère des techniques et des métiers qui se perdent au nom du dernier gadget à consommer et à jeter. La raison appauvrissante conduit dès lors à la seule religion qui prétende gouverner les coquilles vides de nos humanités : profit, consommation, destruction. Oui, il faut apprendre à relire les symboles, ces formes riches, élaborées, complexe des idées, pour elles-mêmes, pas pour ce quoi elles tendent. Philosopher c'est apprendre avec sagesse à préserver le détail des significations contre la généralité des abstractions. Ou pour le dire autrement : les monstres sont aussi nos amis.

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A propos du site panslaviste et orthodoxe Katehon, dans lequel on trouve le philosophe politique russe « d’extrême-droite » Alexandre Douguin.
  L’extrême droite est une catégorie politique parlementaire comme les autres (ou presque), dont le fonds de commerce consiste à recycler des idées nationalistes et conservatrices ou antimodernistes. Il faut revenir aux doctrines pour y voir clair. Quelles sont les doctrines sur lesquelles la droite ou l'extrême-droite s'est construite ? Le nationalisme en est une bien qu’il y ait quelques contre-exemples de nationalismes de gauche. Mais tout comme le libéralisme, le nationalisme fait partie des concepts vides dans l'usage publicitaire qui en est fait aujourd'hui, car la seule chose qui compte pour la presse ou les sondeurs d’opinions revient à réduire, étiqueter et classer des philosophies politiques, des visions du monde, sur le rayonnage d’un magasin aux idées, bien sagement rangées de gauche à droite, chaque pensée mise en pot pour le choix d’un citoyen, consommateur de slogans comme de marques de lessive. Il est plus facile de repérer l’ami ou l’ennemi en y accolant un signe différentiateur simple et qui renvoie en fin de compte à une des orientations de base dans l’espace. Pourquoi la « gauche » et la « droite » et pourquoi pas aussi le camp politique de « face » ou de l’ « arrière », du « haut » ou du « bas » ? Voilà qui aurait au moins le mérite de nous restituer toutes les orientations de notre station debout de bipèdes vaguement intelligents, mais non, alors que la vie politique et la vie sociale relèvent des constructions les plus sophistiquées produites par l’évolution naturelle de l’espèce humaine dont nous faisons partie, nous sommes sommés de nous orienter sur une droite, dans un espace unidimensionnel et point-barre, ou period comme dirait l’autre comique « trumpeur ».
  J’ai trouvé le site Katehon suite à la lecture du livre d'Agamben, pour tenter d’y voir plus clair. Ce site est un bel exemple de détournement du sens originel du mot « katehon » qu'on trouve chez St-Paul, d’un sens religieux, voire eschatologique, à une sens géopolitique. Et donc pour les curieux, c’est ici.

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Considérations politiques sur les Coups d’État, Gabriel Naudé, 1639
(cité in Julien Freund, Qu’est-ce que la politique?), ou de la justification de la St-Barthélémy par la raison d'Etat. Jusqu'où le Souverain est-il autorisé à mener l'exercice de la violence légitime pour garantir la paix civile? Très loin.

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Le paradoxe de la liberté
  La liberté de conscience est la seule garantie constitutionnelle avec le respect des droits humains fondamentaux (dont elle fait partie) qui protège la société de la tyrannie ou de la dictature. Renier cette liberté au nom d'une comparaison historique connue avec les années 1930 et le risque de porter au pouvoir un parti politique liberticide, n'est pas raisonnable : car elle prépare alors inévitablement le chemin de la dictature. Comment sortir du léger paradoxe entre ces deux propositions en apparence symétriques : "la liberté de conscience pourrait mener par des chemins détournés à la dictature librement consentie" versus "l'absence de liberté de conscience mène droit à la dictature" ? En réaffirmant la primauté du droit sur le fait et sur les opinions. Nous vivons en régime démocratique et pluraliste. C'est cette liberté là qui doit être préservée et respectée chez autrui de toutes les dérives possibles, y compris, surtout, chez ceux dont les opinions ne nous plaisent pas. Respect absolu du droit de conscience d'autrui. À chacun d'y veiller par la défense et l'illustration des valeurs auxquelles il est attaché, dans le respect et le dialogue. S'interdire de franchir le premier le seuil au-delà duquel ce droit disparait et où ne s'exerce plus que la violence, mais être prêt à répondre à la violence via le seul instrument que la collectivté reconnait pour y avoir déposé le droit d'exercer la violence légitime: l'Etat de droit.
  Ainsi que l'écrit Simone Weil au début de L'Enracinement, les droits de l'homme n'existent pas dans l'absolu, il n'y a que des obligations auquelles chacun est tenu vis-à-vis de lui-même; c'est autrui qui nous reconnaît des droits et donc réciproquement, il est de notre devoir des les reconnaitre à autrui. Sans collectivité politique les droits de l'homme n'existent pas. L'homme seul face à l'univers n'a aucun droit. La liberté procède donc directement de la pluralité de la condition humaine, qui est le seul fait de nature tangible, celui de l'inégalité naturelle de la naissance, par l'octroi réciproque des droits (de conscience, d'expression etc) qui définissent un horizon possible vers lequel l'idéal d'égalité qui est celui de la justice pourra tendre. D'où procède l'obligation individuelle, le devoir initial qui est donc au-dessus des droits, qui nous force à respecter ce devoir d'accorder des droits à autrui? Du Ciel, dit Simone Weil. En naturalisant les droits de l'homme, la Révolution française a éliminé de l'équation sociale le devoir moral d'obéissance à une Loi d'origine transcendante: ne restent plus alors que des droits en compétition les uns avec les autres avec le risque que l'Etat ne devienne l'otage d'une faction.

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  Quand Le Maître du Haut-Château (P.K. Dick), La Guerre des Mondes (le célèbre radio-show, coup de bluff génial d’Orson Welles en 1938) et Donald Trump se rejoignent: comment passer d’une réalité alternative à l’autre.

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Cinétiques de l’Héliophore

*
 « LE PROGRAMME EN QUELQUES SIÈCLES

On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.

On supprimera l'Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.

On supprimera la Charité
Au nom de la Justice
Puis on supprimera la justice.

On supprimera l'Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.

On supprimera lˆEsprit de Vérité
Au nom de lˆEsprit critique,
Puis on supprimera l'esprit critique.

On supprimera le Sens du Mot
Au nom du sens des mots,
Puis on supprimera le sens des mots

On supprimera le Sublime
Au nom de l'Art,
Puis on supprimera l'art.

On supprimera les Écrits
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.

On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.

On supprimera le Prophète
Au nom du poète,
Puis on supprimera le poète.

On supprimera les Hommes du Feu
Au nom des Eclairés
Puis on supprimera les éclairés.

On supprimera lˆEsprit,
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME ;
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L'HOMME ;
IL N'Y AURA PLUS DE NOM ;

NOUS Y SOMMES.
»
 
- Armand Robin  Les Poèmes Indésirables (1945)

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  Dans le métro, quartier européen de Bruxelles, une dame anglophone bien élevée, très gentille, plutôt jeune, qui demande un peu d'argent et "some food"... "pas de problème" dit-elle en s'excusant.. à n'y rien comprendre... demain, la plupart d'entre nous seront-ils à la rue? Est-ce le "nouveau territoire commun" auquel une bonne partie de l'humanité, entre exils, émigrations forcées, déshérence et déclassement sera condamnée ? Car j'ai vu les "Dalits" dans les rues des grandes villes du nord de l'Inde, par milliers, chez eux vivant (de la naissance à la mort) dans la rue. Mais c'est l'Inde éternelle me disais-je... Mais c'est l'Europe aussi dans un grand effort d'égalisation des classes sociales.

*

Merci à :
JLB pour son ironie
Ian Mc Donald pour l’extraordinaire River of Gods (Le fleuve des dieux, I: Gangâ Mâtâ, II. Sat Chid Ekham Brahmâ) 
et aux Natchez de Chateaubriand pour leurs beautés

Remerciement spécial à Maurice G. Dantec (Grenoble, 13 juin 1959 – Montréal, 25 juin 2016), « écrivain nord-américain de langue française » comme il se définissait lui-même, à qui j’emprunte le titre de « Théâtre des opérations » pour le texte que vous venez de parcourir.

Friday, 17 March 2017

Opéra II - Le Roman d'Arc

 Cet article est la suite de : Opéra I - Le Roman d'Arc
(jeu de rôle)

Ce chapitre joue sur la mise à dis­tance brechtienne dans le but de déformer la perception qu'ont les PJ (personnages joueurs) de leur place dans l'aventure et dans le jeu. L'Omphalos qui continue à envoyer des messages aux aventu­riers, répétera son propre retour à Arc et la boucle sera bouclée. Le final d'Arc est en effet constitué d'une succes­sion de tableaux qui réitèrent en les défor­mant certains épisodes clés de toute l'aventure, à commencer par le retour des aventuriers dans une représentation ac­tuelle d'Arc, le der­nier jour de l'année 999 AT, avec dans leurs bagages l'Omphalos lui-même. 
... 


Ouverture


Le MJ (maître du jeu) utilise un premier artifice de théâtralisation. Il se met un chapeau sur la tête (ou tout autre gadget vestimentaire destiné à le différencier à ce moment-là pour les joueurs comme un narrateur), et il grimpe sur une chaise, d'où il lit le texte suivant.

C'est par une belle matinée hiver­nale que nos valeureux aventuriers se réveillent. Ils sont en haute mer, à bord de la Raie Manta, splendide navire qui cin­gle toutes voiles dehors vers une sublime destina­tion. Son capitaine, le brave Com­modore Nathan Dumesnil, traîtreusement assas­siné il y a quelques jours  est là et les ac­cueille chaleureusement.
(Pour rappel, voir l'épisode "Deux Visi­tes", dans le Chapitre III, module Castel Algonys).

"Voilà six mois que nous naviguons de­puis le départ de la ville de Karatin sur le continent lointain de Karatur. Et enfin, notre voyage touche à son terme. Arc est pro­che. Déjà on peut voir briller au loin le dôme flamboyant du Grand Temple de Bhâr. Arc nous revoilà. Quel bonheur de rentrer chez soi !" Nos valeureux aventu­riers sont désorientés, car leurs souvenirs s'arrêtent au moment où ils découvrent une malle avec des phindars, aux pieds d'une statue dans une vallée ou veille l'Armée morte, quelque part dans les Monts Tian Shan. C'était il y a un moment à peine, semble-t-il, ou était-ce il y a un jour, un mois, une éternité ? Nos valeu­reux aventuriers ont sans doute été mala­des, sans aucun doute ont-ils con­tractés quelque mauvaise fièvre... Ha, que tout cela semble compliqué !... Mais peu à peu, une étrange lueur se répand depuis la malle. Cette lueur déborde, elle glisse, elle coule comme un feu liquide, et puis elle part à l'assaut des escaliers. Là-voila qui arrive sur le pont, rien ne lui échappe, elle s'enroule autour de tout et de tous. Et maintenant c'est le bateau qui en est complètement illuminé, comme une étoile nouvelle, comme une grande roue célé­brant les noces du soleil et de la mer...  Ha, quel beau spectacle !"

Le MJ enchaîne alors sans discon­tinuer avec le Premier Tableau, en posant l'éter­nelle question aux PJ: Que faites-vous ?


Premier Tableau - Encore

Le 31 décembre 999 AT, la Raie Manta arrive en vue de Quendinesti, avec à son bord les PJ et une malle qui à leur grande surprise contient l'Omphalos. On peut voir au-dessus de la ville éclairée par la lumière dorée du soleil couchant une inscription en lettres de nuages:

BIENVENUE AU PAYS


Le MJ peut faire intervenir la vengeance du Chu-U à ce moment-ci, sous la forme d'une paire de mains de brume qui atta­quent un PJ. Une autre possibilité d'atta­que du Chu-U se présente dans le Cin­quième Tableau.  
(Pour rappel, voir l'épi­sode "Tous les mal­heurs du monde", dans le Chapitre IV, module Karatur).

GUO-CUN, Chu-U
XP 3000 (MC Kara­tur)
HD 8 (hp 40) AC -2 TH 13 MR 20%
2 att/round (mains): dm 1-4
armes +1 ou mieux pour toucher le Chu-U

CHU-U - AD&D 2e Kara-Tur Monstrous Compendium Appendix

(une note - en anglais - sur le Chu-U adaptée du Monstrous Compedium de Kara-Tur; sur forum.rpg.net :
The chu-u is a greater spirit and also called the "legless ghost". It has eight hit dice, 20% magic resistance and can only be hit by magical weapons. The chu-u always looks like an old human with sickly green skin. The missing legs are replaced by mist that constantly changes its colour from red to black.

The chu-u uses Ghost Light to attract travellers. The Ghost Light has literally unlimited range, so it could in theory be projected all across the Material Plane. I don't think that that's what the authors had in mind, though. If the travellers agree to hear the chu-u's story of its entire life, the chu-u will tell it over the course of 2d4 hours, narrowly beaten by watching all parts of Lord of the Rings in a row. After that sad, sad story, the listeners have to make a save vs. spell or suffer a 24h -1 malus to attack rolls due to supreme despair.

In case a listener leaves or refuses to listen in the first place, the chu-u disappears and swears vengeance. That usually means that it tries to kill that person by choking it while it sleeps. The chu-u is Chaotic Neutral, so that behaviour is sort of justified (but no excused). In case the listeners don't get bored away and agree to help, the chu-u will take them to the King Judge of the spirit court as witnesses. The Judge will then decide whether or not the spirit will be pardoned and send to the afterlife. However, the King Judge can take up to 100 years to make a decision.
)
 

Les PJ observent que la ville sem­ble beau­coup plus cosmopolite que dans leurs souvenirs. Un grand nombre des créatures qu'ils voient sont semi-humaines ou huma­noïdes (elfes, nains, gnomes, orques, gobelins...) et les humains sont de toutes races et provenances. Une fois à quai, les PJ sont attaqués dès que la malle est dé­barquée du bateau. Une première vague d'attaquants est constituée d'un groupe de 10 hobbits (halflings) qui es­saient de s'em­parer de la malle. Les atta­quants ont le regard vide et semblent agir comme hors d'eux-mêmes. La deuxième vague se com­pose de 6 illithids (mind-flayers), qui atta­quent à mort. Dès qu'ils seront en posses­sion de la malle, ils fuiront par le plan astral, rendant impossible toute poursuite. Si les PJ dépêchent un des leurs en éclai­reur en ville, ils sera directement attaqué par les illithids.

HALFLING
XP: 270 (MC 1)
N: 10, HD: 3 (hp: 25), AC: 6, TH: 17
Epées courtes: dm 1-6
Fléchettes: TH: 16, 3 attaques par round, dm 1-3 + ST vs poison contre le rire qui dure 3 rounds et avec le TH, les ST et l'AC (dextérité) à -4.

MIND FLAYER
XP: 8000 (MC 1)
N: 6, HD: 8+4 (hp: 40), AC: 5, TH: 13, MR: 90%
Psi 280 Mind Blast
Tentacules: 4 attaques et mort 1-4 round après.


(à suivre... Deuxième Tableau - Triomphe de la volonté)

Saturday, 11 March 2017

Des Têtes & des Visages


Des Têtes & des Visages

Les trois textes publiés dans cette note ont été rédigés à l’occasion d’un atelier d’écriture animé par Milady Renoir. Il y a, comme toujours en atelier, une expérience directe de l’écrit, ainsi que de l’écoute des autres textes et de la restitution, qui est très différente de l’expérience de l’auteur solitaire face à son texte. Pour certains, l’atelier devient le seul lieu possible de l’écriture. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les mots trouvent plus facilement leur chemin en groupe, que lorsqu’on n’a que soi comme témoin, mais il est un fait avéré : là et dans l’instant où ils sont convoqués par une contrainte, en présence d’autrui, les mots viennent, qu’ils le veuillent ou non.

Plus d’informations à propos du cycle d’écriture « Corps & Ames » animé par Milady Renoir sur la page du réseau Kalame : ici.

Le thème du jour était « la tête » et « le visage ». 

Mon premier texte "Abécédaire de tête", ressemble à un jeu "oulipien" dans lequel la contrainte apparaîtra de manière évidente ; le deuxième texte "(auto)portraits à vide" est le produit d'un exercice que je qualifierais de "test projectif" qui évoque ceux de Rorschach (les tâches d'encre), le TAT (Thematic Aperception Test) pratiqué souvent avec les enfants (il s'agit de raconter une histoire à partir de planches illustrant des situations sociales ambigües), ou encore le test de l'Arbre : sauf qu'ici, le support consiste en dessins très particuliers et la consigne est vraiment originale, je dirais même que c'est une trouvaille étonnante. Je n'en dirai pas plus, chaque animateur a ses secrets d'atelier qui doivent être préservés. Le troisième texte "Transfiguration" est le plus classique dans sa forme, le résultat d'une performance à laquelle nous avons assisté.

I. Abécédaire de tête

  Un ami dont je tairai le nom par charité chrétienne, mais que le petit monde germanopratin reconnaîtra sans peine, praticien à la Salpêtrière, membre éminent de l’Institut, sulpicien, auteur de romans épiques et historiques, me fit l’autre jour en terrasse aux Deux-Magots, cette confidence en forme de blague d’hypokhâgne. Il avait reçu d’un collègue une fiche clinique et la description anatomo-pathologique d’un cas de conscience, celui d’un homme politique important – disons même très connu, qui devait s’adresser à la foule de ses partisans rassemblés sous une pluie battante. Ce collègue, me rapportait donc cet ami bien loquace, avait eu l’idée de dresser du meneur d’hommes un portrait en forme d’abécédaire et d’y glisser de subtiles allusions à ses états de santé morale. Contrainte supplémentaire, le collègue de cet ami eut l’idée d’y associer les mots de la spécialité dans laquelle mon ami était passé maître. Il me récita, de tête, cela va de soi, la liste que voici … avec quelque licence que je lui pardonnai, le bol de punch fumant y était pour quelque chose.

L’Acétylcholine dans son cerveau fulmine,
dans l’aire de Broca où se forment les mots.
Sous la tignasse un Cortex coupé en deux
éprouve l’agonie de sa moitié Droite.
Son Epiphyse, encore appelée glande pinéale
appuie dans le fond de sa Fosse nasale,
crée une pression sur la moitié Gauche du noble organe,
qui lâche l’Hippocampe de la mémoire.
Enfin, il se ressaisit. L’Influx nerveux le remet d’aplomb
(« la politique, ce n’est qu’un Jeu » pense-t-il).
Mais le terrible syndrome guette. Korsakoff est là !
« Que voulais-je dire ? : je n’ai rien fait. C’est la faute à Lulu. »
Leur gaine de Myéline arrachée par tant de chocs,
ses Neurones confondent la magicienne et l’épouse au foyer.
Le grand homme n’en croit pas ses Oreilles,
sa Paranoïa lui vrille la tête,
« Querelles vaines, je vous hais ! », crie-t-il l’insensé.
Son faisceau Rubro-spinal flambe, c’est sûr,
quel cataclysme Synaptique,
Il ne survivra pas à la perte de son lobe Temporal,
terrassé par l’Uppercut de son ennemi mortel.
Mais il se relève, le Visage est serein.
Il n’y aura pas de débâcle dans l’aire de Wernicke.
Son langage est assuré, les X-Files ont été effacés.
« Je n’aurai d’Yeux que pour vous » dit-il
à l’adresse du Zoo humain.



II. De rêve en rêve : (auto)portraits à vide

- Qui es-tu ?
Je suis le dormeur, ton double endormi, ta paresse faite masque mortuaire.
Je suis ton ennemi, ou ton ami, selon l’obliquité de nos regards affranchis,
du doute et de l’espérance d’une chair grise.
Je suis celui qui dérive vers les Iles Bienheureuses.

- Et toi, qui es-tu ?
Je suis l’indienne que tu n’as pas rencontrée lors de tes voyages.
Je suis l’ouvreuse de cinéma que tu ne regardais pas.
Je suis la bonne, la nounou, la vieille qui aidait à t’endormir, enfant malade.
Je suis la guérison de ta maladie.

- Et toi, qui es-tu ?
Je suis Héraclès qui s’en revient des antipodes.
J’ai tué le lion, m’en suis revêtu,
vois ma peau sauvage, mes crocs féroces.
Je suis le Capitaine Crochet de tes dernières aventures.

- Et toi, qui es-tu ?
Je suis champignon ou patate, comestible dans tous les cas.
Si tu me manges tu deviens lettre, virgule,
tu cherches à lier les parties de ton nom et n’y arrive pas.
Je suis l’oubli de tes mots.

- Et toi, qui es-tu ?
Je suis le compagnon de voyage croisé à Venise
avec qui tu as beaucoup ri, à en perdre ton visage.
Je t’ai prêté le mien et depuis lors,
avec quelle facilité es-tu devenu l’ami de tout le monde !

- Et toi, qui es-tu ?
Toi.
Observe-moi bien. Ne reconnais-tu pas la forme de ta bouche,
ton menton fendu, ton œil gauche souriant
et ton œil droit dur et fermé ?

- Mais me diras-tu finalement qui tu es ?
Ton empreinte.
Dans le sable, dans le vent
la mer et les éclairs :
les mots de ta bouche.



III. Transfiguration

Lorsque Jean décida de quitter sa maison, il convoqua sa famille, ses amis, ses domestiques et leur dit : « je vous laisse mes biens ; faites-en l’usage qu’il vous plaira, je vous laisse tout sauf mon corps. Je pars, je me retire, ne cherchez pas à me retrouver. C’est inutile. Il est temps que je passe à autre chose. »

  Il marcha longtemps et quitta le pays rieur de ses ancêtres. Jean se nourrissait d’herbes et de miel sauvage. Arrivé au pied des montagnes il chercha une grotte et s’y installa.
  Il commença par retirer ses vêtements et s’enduire le corps d’un mélange de poix et de sable. Il traça des lignes à la craie le long de ses côtes. On ne le distinguait plus de la roche mais il restait son visage. Qu’allait-il faire de son visage ?
  Il tenta différentes techniques, avec des feuilles, du goudron, de l’argile, des baies rouges écrasées, des chiffons, de la paille. Il aurait pu faire peur aux enfants avec son masque chtonien s’il n’était juste ridicule.
  Jean n’arrivait pas à se débarrasser de son humanité. Elle lui collait au visage. Pourtant, il n’y avait que les bêtes pour le voir mais elles sentaient toujours en lui l’homme.

  Alors, il décida de s’adresser à Dieu. Il voulait modeler dans son visage les traits d’un nouvel Adam, plus proche des pierres et du sable et de tous les débris apportés par le vent.
  Il jouait à l’animal fait homme qui redevenait animal.
  Avec Dieu pour public, cela ne fonctionnait pas.

  Il se nettoya dans la rivière jusqu’à ce que sa peau fût débarrassée de toutes les scories, jusqu’à ce qu’il vînt au monde purifié par l’eau.
  C’est alors qu’il comprit qu’il était homme pour un autre homme, qu’il pouvait s’effacer pour un autre visage, qu’il s’agissait de renaître à travers un autre.
  C’est cela qu’il décida d’être, puisque Dieu ne l’écoutait pas.



Beau thème s’il en est que celui des visages, inépuisable comme l'humanité.

Un atelier d'écriture rassemble des matériaux, ceux introduit explicitement par l'animateur, par exemple sous la forme de lectures et citations, de matériaux visuels, audiovisuels ou autres; ceux que chacun apporte avec lui, ses images, sa bibliothèque. Les textes produits par chaque participant s'élaborent aussi, le plus souvent, à partir de notes, de mots jetés rapidement sur un cahier, qui servent ensuite à l'élaboration du texte.

Quelques lectures : extraits du « Dictionnaire des symboles » de J. Chevalier et A. Gheerbrant (Robert Laffont, coll. « Bouquins »); une citation de la technique employée dans « Rêves de rêves » par Antonio Tabucchi et autres choses très curieuses, étonnantes et un peu mystérieuses.


L’européenne, portrait du Fayoum (vers 117-138) au Musée du Louvre

Saturday, 4 March 2017

Opéra I - Le Roman d'Arc (archives : 1996)


Le Roman d’Arc. Opéra (archives : 1996)

  Dans cette série de billets publiés à partir de mes archives, en particulier ceux qui concernent Le Roman d’Arc (voir à la fin de cette note pour les articles précédents sur le même sujet), il y a d’abord de la nostalgie que j’assume pleinement, celle de replonger dans des souvenirs agréables et de m’entendre dire intérieurement : « c’était super ! » ; il y aussi le souhait que celles et ceux qui se reconnaitront dans ces souvenirs communs en éprouveront également du plaisir ; il y a enfin d’autres mobiles : notamment d’alimenter le blog des Métamorphoses de C. – il ne m’est pas facile de produire chaque semaine un texte original (je ne suis même pas « bloggeur » à temps partiel, c’est vraiment dans les marges de mon temps « libre », i.e. hors milieu professionnel, que je trouve le temps d’écrire). Et puis il y a aussi des défis propres à l’archiviste numérique, lié à la conservation et l’exhumation des matériaux informatiques.
  Un petit mot d’explication s’impose à propos de cette archive que vous allez découvrir : les archives les plus anciennes que j’ai pu conserver consistent en documents électroniques. Or, ceux-ci, comme les archives papiers, subissent des « usures » de différentes sortes : il y a d’abord les pertes pures et simples de fichiers qui résultent d’anciennes copies, d’erreurs de manipulation… Depuis que j’ai commencé à écrire sur micro-ordinateur (au début des années 1980, avec un IBM-PC XT sous MS-DOS 3.0 en utilisant les premiers éditeurs de texte ou les premiers traitements de texte, WordPerfect 5.1 ou MS-Word pour DOS), il n’y a pas eu moins d’une vingtaine d’équipements divers sur lesquels j’ai tapoté ici ou là, dont des mini-computers (Digital VAX), des terminaux sous UNIX, des PC tours, des portables sous Windows, Linux ou Mac OS ainsi que, ces dernières années, des tablettes et téléphones… Cela fait beaucoup de supports et un nombre d’upgrades logiciels impossible à énumérer. Mais, malgré tout, d’un hardware à l’autre, d’un operating system au suivant, d’unités de stockage qui vont du floppy-disk 5 pouces ¼, à la disquette 3 pouces ½, d’un disque dur à l’autre en passant par des copies via câble série, câble Ethernet sans oublier les plus récentes clés USB (que je perds systématiquement), disques externes à mémoire flash ou très récents Clouds (chez Google, Apple et d’autres que j’ai testé), il ne m’était presque jamais arrivé de perdre entièrement le contenu d’un ancien document. Il pouvait bien y avoir de temps à autre des problèmes de conversion avec de vieilles versions de traitement de texte récupérés dans des versions plus modernes (c’est-à-dire depuis une vingtaine d’années quasi exclusivement Word sous toutes ses déclinaisons), qui provoquaient généralement des pertes d’informations liées au formatage du document, mais pour l’essentiel, le texte brut parvenait à être converti dans le nouveau type de document. C’est que les filtre de rétrocompatibilités fonctionnaient bien !
  Sauf avec ce dernier texte. A l’ouverture du document source, la version de Word (v. 15.31) installée sur mon iMac 1.11 (racheté en seconde main), un message d’erreur terrifiant m’annonçait que “The document opera.doc could not be opened”. J’ai essayé l’option Recover text qui a produit un résultat globalement illisible (des bouts de texte noyés dans du gibberish sur des Object Linking and Embedding qui n’ont pas pu être convertis).
  Le problème concernait non seulement ce document-là mais tous ceux de la même époque ! Catastrophe ! Finalement, grâce à une version de LibreOffice sous Linux Ubuntu installée sur mon vieux MacBook Air, qui rend l’âme après chaque utilisation, j’ai pu récupérer « comme une fleur cueillie au bord du chemin » les quelques textes que vous trouverez ici.
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La Compagnie de la Rose des Vents présente pour la fête du millénaire

ARC
Opéra en Sept Tableaux

Avec :

Catherine (dans le rôle d'Océan)
Corinne (dans le rôle d'Elancia)
Franck (dans le rôle de Kefrandel)
Jean-François (dans le rôle de Gauchon)
Pascal (dans le rôle d'Exodus)

Mise en Scène : DATZEN

Ouverture
Premier Tableau
Encore
Deuxième Tableau
Triomphe de la Volonté
Troisième Tableau
Lecture Logique
Quatrième Tableau
Bleu Nuit
Cinquième Tableau
Effroyable Sentiment
Sixième Tableau
Silence, Emeraude
Septième Tableau
Ultime Combat


Suivent d’autres « affiches » annonçant la présentation de l’opéra ARC avec deux autres groupes de joueurs :

Éric (dans le rôle de Thor Madred)
Fabienne (dans le rôle de Valladiel)
Françoise (dans le rôle de Pepper)
Nathalie (dans le rôle de Katana)
Pierre Emmanuel (dans le rôle de Tor Alzarath)


Dominique (dans le rôle de Sémia)
Laurent (dans le rôle de Lashaf)
Marie (dans le rôle de Wanak)
Pol (dans le rôle de Barzen)
Tania (dans le rôle de Robina)



  J’ai pu récupérer les fiches techniques des personnages joueurs du premier groupe.
  Voici Exodus, Gauchon, Elancia, Kefrandel et Océan restitués dans leur gloire primitive ! (Et avec ce mélange curieux d’anglais et de français pratiqué par ceux qui utilisaient un mix des règles d’Advanced Dungeons & Dragons dans le texte original ou en traduction) :

EXODUS
GAUCHON
ELANCIA
KEFRANDEL
OCEAN
haut elfe, magicien 5
humain, magicien 6
haut elfe, prêtre 6
haut elfe, voleur 7
humaine, fighter 6
F15 D14 C9 I16 S10 Ch10
F7 D9 C9 I16 S12 Ch10
F13 D10 C13 I17 S14 Ch16
F9 D14 C11 I16 S10 Ch8
F16 D13 C15 I16 S8 Ch11
TH19 AC5 hp11, baton
TH19 AC10 hp18, baton
TH18 AC0 hp39, morning star +1
TH17 AC7/3 hp29, arc long +1, épée longue, dague
TH 15 AC4 hp44, arc court +1, dagues, fléau, hache
ST: 13 12 10 14 11
ST: 13 11 9 13 10
ST: 9 12 13 15 14
ST: 12 11 12 15 13
ST: 11 12 13 13 14
Sp: 4 niv1, 2 niv2, 1 niv3
Sp: 4 niv1, 2niv2, 2 niv3
Sp: 5 niv1, 3 niv2, 2 niv3


PSI 45 (table 4)
PSI 39 (table 1)
PSI 66 (table 3)
PSI 61 (table 6)
PSI 95 (table 2)
XP 39040 (40000)
XP 57483 (60000)
XP 42696 (55000)
XP 63692 (70000)
XP 46958 (64000)
singing, elf, navigation, orc, nain, swimming, dancing, harpe
elf, shulung, dir sense, ride, astrology, tambourin, swim
swiming, healing, herbalism, elf, harpe,
swiming, appraisal, tumbling, tightrope-walking, elf, jump
blindfight, gaming, navigation
robe of the archmagi, bag of tricks, main droite blanche +1

hautbois AC0, 1 gem 1000gp
amulette vs phindar, flute/clé, 1 gem 5000gp
rod of lordly might (hache TH11)

Avec les listes de sorts des magiciens :

EXODUS
spells
niveau 1
- armor; detect magic; charm person; magic missile; sleep; spider climb/feather fall; read magic; shield; change self; identify
niveau 2
- irritation; mirror image; melf's acid arrow; continual light; deafness; darkness; bind;/ invisibility; levitation; web; forget
niveau 3
- fireball; dispel magic; fly; lightning bolt; vampiric touch
(missed: spectral hand, blindness, sumon swarm; item, monster summ I, wraith form, protection normal missiles)

GAUCHON
spells
niveau 1
- change self, feather fall, phantasmal force, charm person, grease, comprehend languages, audible glamer, friends, shields
niveau 2
- web, melf's acid arrow, hypnotic pattern, scare, blindness (missed: invisibility, levitation, darkness)
niveau 3
- lightning bolt, melf minute meteor, dispel magic, feign death, wraith form, fireball, monster summon I, protection from norm missil (missed: fly, hold person, vampiric touch, haste).

  Dans un prochain billet j’expliquerai en quoi consistaient les sept tableaux de l’opéra. Le Roman d’Arc se dévoile par petits morceaux choisis…
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  Pour prolonger votre lecture, vous trouverez précédemment publiées, en août 2014, sur le blog « Les Métamorphoses de C. », les archives suivantes du Roman d’Arc, le jeu de rôle conçut, rédigé et mis en scène entre mai 1987 et mai 1996 par Christo Datso & Henry Krutzen (DATZEN), publié aux éditions Bruocsella en 1996 (348 pages en format A4, double colonnes). Elles vous livrent quelques fragments de ce vaste univers et des textes (scénarios, aides de jeu, poèmes, fictions, essais) qui y furent produits.

La Ville d’Arc I. Monnaies Le Roman d’Arc débutait par un premier livre d’introduction générale à l’histoire, la géographie, les habitants de l’univers où se déroulait l’action (à savoir : une grande ville d’inspiration médiévale – renaissante, européenne et asiatique). Ce fragment illustrait un point d’attention particulier auquel les rôlistes sont sensibles dans tous les jeux de rôle : « c’est quoi le cash ? » et « combien ça coûte ? »

Le Bhârking I – Le Livre de la Grande Pureté également extraits du livre d’introduction générale, les deux extraits sur le Bhârking donnaient un aperçu des fondements de la religion officielle pratiquée dans le monde du Roman d’Arc, la religion de Bhâr, fondée sur le mélange étonnant de l’ancienne religion égyptienne (telle que restituée par Isha Schwaller De Lubicz, dans Her-Bak, pois chiche et Her-Bak, disciple (Flammarion, 1955 et 1956) et de la sagesse traditionnelle chinoise du Tao Te King ou du Yi King). Le livre sacré de la religion d’Arc est ainsi nommé Bhârking et se compose de deux parties : « Le Livre de la Grande Pureté » qui consiste en aphorismes et « Les conversations d’Ousmane », le fondateur légendaire de la religion de Bhâr.
Chlanna Quendi – Comme tout monde de fantasy qui se respecte, le monde du Roman d’Arc est peuplé de différentes races, humaines mais aussi « semi-humaines » ou « humanoïdes ». L’une d’elles occupe une place prééminente dans cet univers, celle des Quendis, modelés d’après les Elfes de J.R.R. Tolkien. L’extrait publié dans cette note est rédigé en proto-quendi, traduit vers l’anglais et le français. Pour le proto-quendi j’avais fait appel à un ami irlandais. Le livre (imaginaire) dont il est question est : Compilation de Légendes et de Contes Quendis, en six volumes, édité par Timothée Fals, Recteur de la Bibliothèque Ducale d’Arc, année 980 A.T. (Après le Traité).

 
Première de l'Opéra d'Arc à la Scala de Milan. Le public enthousiaste.